Rémunérations : la fiscalité, une spécialité payante

  • Publié
  • modifié
Rémunérations : la fiscalité, une spécialité payante

Les fiscalistes ne connaissent pas le chômage, ou en tout cas très peu. Et ce quasi-plein-emploi a un impact direct sur les rémunérations, très attrayantes.

Les fiscalistes en entreprise

 

Il y a toujours un fossé entre les moyennes et les cas individuels. En entreprise, "les rémunérations des fiscalistes comme celles des juristes sont extrêmement variables. Elles peuvent dépendre du secteur d’activité ou de l’historique des fonctions fiscales dans l’entreprise", explique le chasseur de têtes Arnaud de Bonneville, associé chez Tillerman Executive Search.

 

Certains fiscalistes sont en effet mieux rétribués que d’autres, ceux spécialistes des prix de transfert notamment. Ils sont peu nombreux et peuvent gagner entre 10 % et 15 % de plus que la moyenne de leurs homologues en entreprise, selon Arnaud de Bonneville. Les moins bien lotis sont ceux qui s’occupent de "tout ce qui est compliance, au sens des déclarations fiscales, ou encore les douaniers qui font partie des équipes fiscalité, à l’exception des directeurs douanes", commente Arnaud de Bonneville.

 

 

Les fiscalistes en cabinet

 

Qu’en est-il chez les avocats ? Pour les collaborateurs, les rémunérations relèvent globalement des mêmes grilles de rétrocession d’honoraires que celles des départements fusions-acquisitions et banque-finance, indique Roland Dana, associé gérant chez Dana Human Capital.

 

La fiche de paie des associés, elle, dépend en général du chiffre d’affaires. Ce qui n’est pas forcément le cas des associés fiscalistes puisqu’ils ne sont pas apporteurs d’affaires. "Il est vrai que les attentes en ce qui concerne le chiffre d’affaires sont généralement moindres du fait que le département fiscal intervient aussi très souvent en support des autres équipes, en particulier M&A, banque-finance et private equity", explique Roland Dana. En effet, lorsqu’un cabinet conseille une entreprise dans une opération de fusion ou d’acquisition, il va faire appel à son département social pour mener un audit, mais aussi à ses fiscalistes pour optimiser l’opération fiscalement et vérifier que la cible est nette.

 

Une autre forme de synergie se reflète sur le niveau des rémunérations : celle permise par les profils polyvalents, capables d’intervenir tant en corporate tax qu’en fiscalité patrimoniale, qui sont peu nombreux passé un certain niveau de séniorité. "Les avocats qui conseillent les grandes fortunes ou les dirigeants sur leur fiscalité personnelle créent un lien de confiance et de proximité avec eux ; c’est un axe de développement très stratégique pour les cabinets, qui seront plus naturellement sollicités par ce même dirigeant pour des opérations transactionnelles (fusion, acquisition, levée de fonds, investissement, implantation à ­l’étranger, …)", poursuit Roland Dana.

 

"À l’inverse, dans le sens de l’ultra-spécialisation, nous constatons également une grande pénurie de fiscalistes, dédiés à la pratique du private equity, capables d’accompagner et de structurer fiscalement une opération de LBO aux côtés des fonds", ajoute le recruteur. Là encore, les perles rares s’y retrouvent financièrement.

 

 

 

 

Sources : Arnaud de Bonneville, associé chez Tillerman Executive Search et Roland Dana, associé gérant chez Dana Human Capital

Écrit par

Publié sur