Les réseaux de fiscalistes : un accélérateur de carrière

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Les réseaux de fiscalistes : un accélérateur de carrière

© IACF

Conférence de Institut des avocats conseils fiscaux à la Maison du barreau.

L’Institut des avocats conseils fiscaux est l'organisation la plus importante. Les avocats s’y font des contacts, renforcent leurs connaissances sur la ­doctrine et valident leurs heures de formation. Mais d'autres organismes existent, comme l'association de femmes fiscalistes, A3F.

L'IACF : la référence

 

Marc Bornhauser, du cabinet du même nom, constitue l’exemple type de l’avocat fiscaliste à qui l’IACF (Institut des avocats conseils fiscaux) a beaucoup apporté. À 28 ans, alors collaborateur chez CMS Francis Lefebvre Avocats, il se voit offrir l’inscription à l’association afin de pouvoir participer au panel d’une conférence. Et en 1997, lorsqu’il se met à son compte, il n’hésite pas à se rendre à tous les événements de l’IACF ce qui lui permet de rencontrer des confrères et d’affûter ses connaissances sur la fiscalité. "Quand je me suis installé, j’ai invité à déjeuner des grands noms du droit fiscal. Je les ai trouvés très accessibles. Cela m’a beaucoup aidé, notamment à trouver des locaux", rapporte-t-il.

 

Les événements : un pilier

 

Concrètement, comment fonctionne l’institut ? L’IACF organise 20 manifestations par an à Paris et en province qui prennent la forme de grandes conférences de quatre heures ou de petits-déjeuners de deux heures, facturés respectivement 160 et 60 euros. "Ces événements permettent aux collaborateurs de petits cabinets de satisfaire à leurs obligations de formation. Les grands cabinets ont, eux, des programmes de formation en interne, et offrent moins souvent à leurs collaborateurs l’adhésion à l’association", constate Marc Bornhauser.

 

Ces conférences, organisées à la Maison du barreau, réunissent entre 150 et 340 personnes et répondent notamment à l’actualité. "On ne fait pas dans l’initiation, c’est toujours très technique, d’un très haut niveau, poursuit Marc Bornhauser. Pour les collaborateurs et pour les avocats en général, c’est une mine d’informations." Tandis que, de leur côté, les membres de l’administration fiscale – régulièrement invités – sont toujours contents de pouvoir communiquer sur leurs textes. Les slides de chacun des événements sont ensuite mis à ­disposition des adhérents sur le site de l’IACF.

 

L’association participe également à l’élaboration de la norme fiscale, grâce à neuf commissions spécialisées (fiscalité des entreprises, contrôle et contentieux fiscal, etc.) constituées par des avocats chevronnés qui se réunissent entre une fois par mois et une fois tous les trois mois. Des comptes rendus sont ensuite diffusés à l’ensemble des membres. "Nous commentons la jurisprudence avec notre point de vue de praticien. Tout ce savoir-faire permet aux collaborateurs de compléter leur formation."

 

Le networking est également l’une des raisons pour lesquelles les avocats adhèrent à ce type d’association. Toutes les conférences sont suivies d’un cocktail qui permet aux professionnels du droit de rencontrer leurs homologues ainsi que les intervenants (magistrats et représentants de l’administration). "Les participants sont accessibles, c’est une vraie opportunité pour les avocats", commente Marc Bornhauser. Il précise que si les fiscalistes les plus seniors ne vont peut-être pas toujours spontanément vers les plus jeunes, ils sont généralement ravis de pouvoir répondre à leurs questions et de transmettre leur savoir. "Notre mission, quand on est bien installé, c’est d’aider les plus jeunes à grandir, sinon le métier meurt", estime Marc Bornhauser.

 

L’association s’est transformée ces dix dernières années

 

Les cotisations restent tout à fait abordables. Les avocats de moins de 30 ans versent 50 euros par an, leurs aînés 300 euros, tandis que les "adhérents correspondants" (notaires, experts judiciaires, fiscalistes d’entreprise, etc.) déboursent 200 euros. Ceux-ci sont environ 129 au sein de l’association, contre 1 289 membres avocats. Il y a dix ans, l’IACF comptait 600 adhérents seulement. Cette hausse provient d’une meilleure représentation des firmes plus petites. "La fiscalité s’est beaucoup développée, dans les grosses structures mais également dans les petits cabinets", constate l’avocat. Pour preuve, Marc Bornhauser, bien que formé dans une maison de taille importante, est à la tête de sa propre firme. Il n’est pas non plus issu du monde de la fiscalité d’entreprise, qui dominait jusque-là au sein de l’institut. Son profil tranche ainsi avec celui des têtes qui l’ont précédé.

 

A3F : les femmes ont aussi leur réseau

 

Si l’IACF est l’organisme fiscaliste qui affiche le plus grand nombre d’adhérents, les professionnels peuvent aussi compter sur d’autres structures.

 

Lancée en 2005, l’Association française des femmes fiscalistes, l’A3F, est devenue un cercle de réflexion ­réunissant 150 spécialistes de la fiscalité. Spécialistes car les adhérentes sont des expertes confirmées. Elles doivent justifier d’au moins sept ans d’expérience dans la profession. L’organisme envisage d’élargir son panel pour accompagner les nouveaux profils, notamment dans les domaines du digital et de l’art.

 

Les candidates sont aussi tenues d’être parrainées par deux adhérentes. Un point qui a été renforcé puisque les marraines doivent désormais attester qu’elles connaissent personnellement leurs filleules. "Nous souhaitons que les adhérentes nous rejoignent avec l’idée de contribuer à l’association sous différents modes", insistent sa présidente, Catherine Damelincourt, et sa vice-présidente, Marie-Charlotte Mahieu.

 

"Notre ADN, c’est associer un très grand professionnalisme à un relationnel très direct. Les échanges sont faciles et extrêmement amicaux", soulignent-elles. Ces derniers s’articulent autour de petits-déjeuners, sur des thèmes centraux comme les lois de finances, le nouvel impôt sur l’immobilier (IFI) qui a remplacé l’impôt sur la fortune (ISF) ou l’éthique.

 

Les rencontres se déroulent dans les structures des adhérentes. Soit généralement dans des cabinets, même si les avocates ne représentent qu’environ un tiers des membres. "Nous souhaitons développer nos relations avec l’administration fiscale, à travers un cercle de réflexion. Nous nous sommes aperçues que pour cela il était important de représenter les cultures d’entreprise et de cabinet", poursuivent les deux femmes.

 

L’A3F organise aussi des événements plus larges, en se rendant notamment dans des start-up. Catherine Damelincourt milite également pour une meilleure appréhension des enjeux de la digitalisation par les fiscalistes. Ce qui entre dans le volet "gestion de carrière", auquel tient l’association. Autant d’apports accessibles à toutes les bourses, puisque la cotisation est fixée à 100 euros par an.

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