L'usage illicite du titre d'avocat ou de conseil juridique : la lutte contre l'exercice illégal du droit

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L'usage illicite du titre d'avocat ou de conseil juridique : la lutte contre l'exercice illégal du droit

Face à l’avènement de professionnels revendiquant à tort le titre d’avocat ou même d’expert-comptable, le barreau de Paris et l’ordre des experts comptables ont signé, le 23 mai dernier, un accord afin de lutter contre ces fraudes.

 

 

 Un danger pour les clients

 

Comme le relève le bâtonnier du barreau de Paris, Christiane Feral Shuhl, l’utilisation abusive du titre d’avocat constitue un danger majeur pour les clients qui vont accorder leur confiance et leur argent au fraudeur.

Il est un risque pour le client d’être attiré par une prestation dont les honoraires défient toute concurrence et dont il ignore généralement les règles de déontologie auxquelles sont soumis les avocats et les experts comptables.

Par ailleurs, la personne qui fait l’usage illicite d’un titre n’encourt pas de responsabilité civile professionnelle puisqu’elle agit en fraude d’une profession dont il n’est pas titulaire. C’est pourquoi il était temps que les deux professions s’unissent pour combattre ces « pirates du droit ».

Un acte illicite

 

Le fait pour une personne d’user illégalement du titre d’avocat est puni par la loi depuis 1971, qui prévoit dans son article 74 que « Quiconque aura fait usage, sans remplir les conditions exigées pour le porter, d'un titre tendant à créer, dans l'esprit du public, une confusion avec le titre et la profession réglementés par la présente loi sera puni des peines prévues à l'article 259, premier alinéa, du Code pénal [ancien] [C. pén., art. 433-14]. Les mêmes peines seront applicables à celui qui aura fait usage du titre de conseil juridique ou d'un titre équivalent pouvant prêter à confusion, sous réserve des dispositions du quatrième et du cinquième alinéas du paragraphe I de l'article 1 er de la présente loi  ».

En outre, pour une meilleure protection des clients, la loi du 31 décembre 1990 exige du professionnel qu’il ait obtenu au minimum une licence en droit ou tout diplôme équivalent.
 

Les sanctions

 

Toute personne qui s’adonne à l’usage illicite d’un titre peut encourir une amende de 15 000 euros et un an d’emprisonnement.

Ces sanctions sont notamment prononcées au titre de la concurrence déloyale, autrement dit le fait de créer la confusion dans l’esprit du public par l’usage d’une dénomination, de documents ou de fausses références.

L’autorité en charge de sanctionner l’exercice illégal de la profession d’expert-comptable est la Commission de Répression de l’Exercice illégal. Elle va alors réunir les preuves permettant de caractériser cet exercice illégal afin de protéger le client.

Sources

 

-          La semaine juridique 

-          Site de l’Ordre des experts comptables de Paris 

-          Site du Sénat