Et si vous choisissiez une start-up pour votre stage ?

Vous êtes à la recherche d’un stage pour votre master 2, votre PPI ou tout simplement pour vous faire une nouvelle expérience ? Et si vous choisissiez une start-up ? On a demandé à deux fondateurs et une ancienne stagiaire pourquoi choisir une petite entreprise valorise votre CV.

Les petites boites à fort potentiel innovant ont des atouts que les structures classiques (cabinet d’avocats, grosses entreprises, administrations) n’ont pas. Elles vous responsabilisent, vous font toucher du doigt le projet de l’entreprise, vous rapprochent du pouvoir de décision ou encore vous demandent de jongler avec d’autres domaines de compétences. Une différence d’expérience qui peut distinguer votre CV de ses concurrents.

 

Vous êtes tenté(e) ? Nous avons interrogé les fondateurs de Captain Contrat, de Dawex et une ancienne stagiaire d’Enercoop - trois start-ups en pleine expansion - sur l’intérêt d’un tel stage.

 

Toucher du doigt le cœur du réacteur

 

Travailler dans une start-up, cela signifie participer directement au développement de l’entreprise. « L’avantage, c’est la visibilité que l’on a sur le projet. ». Alice Bermont-Vialatte est élève-avocate. Elle a commencé sa formation par son stage PPI chez Enercoop, une start-up de l’économie sociale et solidaire qui propose de fournir de l’électricité 100% renouvelable. Aujourd’hui elle a choisi de continuer dans cette entreprise en alternant avec ses cours à l’EFB.

 

« Dans un cabinet, on nous demande de faire une recherche sans nous expliquer toujours pourquoi ». La jeune femme est passée par plusieurs stages avant celui-ci : de la CJUE au Luxembourg à un grand cabinet d’avocats à Bruxelles. Mais cette fois-ci, l’expérience est différente. « On comprend le fonctionnement d’une boite. On voit le dessous des cartes ».

 

Une proximité avec la finalité de l’entreprise qui responsabilise le stagiaire. « Vous parlez au nom de l’entreprise. Vous devez être en capacité d’assumer des responsabilités » explique Laurent Lafaye, fondateur de la start-up Dawex spécialisée dans l’acquisition ou la monétisation de données.

 

Être proche de son boss

 

Dans une start-up, tout est plus proche. Les fondateurs compris. Pour Philippe Wagner fondateur de Captain Contrat, cela permet de transmettre son expérience. Il dit avoir gardé une hiérarchie très horizontale du temps où ils n’étaient que deux dans la legal tech. « On a gardé la même manière de manager. Si un sujet intéresse un stagiaire dans la boite, il peut le porter. Ce n’est pas du tout cloisonné ».

 

Vous serez aussi souvent en contact direct avec les clients ou les experts de l’entreprise. « Chez nous, les stagiaires peuvent être amenés à travailler directement avec les conseillers, les cabinets d’avocats spécialisés sans le filtre d’une direction juridique » explique Laurent Lafaye.

 

Acquérir une polyvalence de compétences

 

Il faut aussi savoir être polyvalent. Alice Bermont-Vialatte énumère « je fais du droit des sociétés, du droit de l’énergie, du droit de la consommation. Je prépare les documents pour l’AG, je fais des notes pour le service client. Je touche vraiment à pas mal de choses ».

 

Chez Captain Contrat, les juristes sont directement rattachés à des pôles : marketing, produits etc. Selon son fondateur « cela les replace au centre d’une discussion et leur permet de compléter leur formation de juriste par une autre expérience. Et pour ceux qui ne sont pas à 100% attachés au juridique, de faire cette transition ».

 

Des entreprises au cœur de l’innovation

 

Par définition, ces entreprises innovent en proposant de nouveaux services. Captain Contrat, par exemple, utilise des algorithmes pour générer des documents juridiques qui seront ensuite validés par des avocats. Des outils « amenés à être développés dans les cabinets dans les prochaines années » selon son fondateur. Une exposition à l’innovation qui est pour lui de plus en plus valorisée dans un CV.

 

Elles permettent aussi de travailler sur des domaines du droit en pleine évolution. C’est le cas pour Dawex et les enjeux liés à la protection des données personnelles. « Le droit du numérique connaît de fortes évolutions en très peu de temps. Les législations française et européenne sont en pleine réflexion sur la création d’un cadre balisé pour les entreprises. Le droit est donc au cœur de notre projet » explique Laurent Lafaye.

 

Une expérience qui intrigue le recruteur

 

Des domaines d’activité porteurs en termes d’embauche. Les nouvelles règlementations européennes relatives à la protection des données sont « un boulevard pour les jeunes juristes » selon Laurent Lafaye. Quantaux legal tech, « c’est une expérience que l’on va pouvoir facilement revendre auprès des avocats et des directeurs juridiques » pour Philippe Wagner.

 

Et si vous avez envie de continuer dans la boite, c’est possible. Chez Captain Contrat, ils sont pour l’instant 35 salariés et souhaitent passer à 50 d’ici 3 mois. Des embauches qui peuvent passer par le stage. Philippe Wagner raconte, « c’est déjà arrivé à plusieurs reprises. On souhaite laisser la chance à quelqu’un qui a fait un super stage de continuer avec nous ». N’ayez donc pas peur de vous fermer des portes. Et si vous en avez envie, postulez.  

 

Emilie Coste
@CosteEmilie