Devenir avocat: il n'y a pas que la fac

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Devenir avocat: il n'y a pas que la fac

Concurrençant le parcours classique universitaire, de nouveaux établissements privés ou publics pour former les avocats, sont apparus depuis quelques années.

La grogne des Universités, qui souhaitent garder le monopole de la formation des futurs avocats, a vu le jour avec l’arrêté du 21 mars 2007. Celui-ci autorise les diplômés des mentions « carrières judiciaires et juridiques » et « droit économique » de l’Institut d’études politiques de Paris à se présenter à l’examen d’entrée des Centres Régionaux de formation à la Profession d’Avocat (CRFPA).

 

En 2009, l’École de droit de Science po à ouvert ses portes et semble s’imposer comme une alternative crédible aux facultés de droit. Elle a pour objectif de former des juristes de très haut niveau susceptibles de s’adapter et de progresser dans un univers professionnel en évolution constante.

 

Christophe Jamin, son directeur, expliquait en décembre dernier au journal Les Echos, que l’idée était d’ « y développer une pédagogie alternative ». Il se dit convaincu, « qu’on ne doit pas commencer des études de droit après le bac, mais après une licence de philosophie, de maths, d’histoire de l’art ou après un diplôme d’ingénieur ». Les étudiants aux profils divers, font des stages dès la deuxième année, sont invités à effectuer un semestre à l’étranger, interviennent sur des cas concrets, proposés par des professionnels dans le cadre des « cliniques du droit ».

 

Cette « méthode », semble porte ses fruits, puisque le taux de réussite à l’examen d’entrée au CRFPA, à l’issue de l’École de droit de science po, est « proche de 90% ».

Créée en 2012, l’école des Hautes études appliquées du droit (HEAD), avait pour objectif d'apporter une nouvelle manière d’apprendre et d’appréhender le droit. L’enseignement se veut novateur, comme en témoigne le « cours à deux voix », assuré simultanément par un professeur et par un praticien qui engagent un dialogue. Les deux premières années sont des années de formations complémentaires aux Master 1 et 2 de droit des affaires de Paris I. La troisième année est une année de LLM dans une des grandes universités étrangères partenaires. La formation se clôt par un stage de fin d’étude de six mois.

 

Pour Emmanuel Brochier, avocat au barreau de Paris et cofondateur de l’école,  cette formation très complète permet aux étudiants de « consolider leurs connaissances », pour se préparer à l’examen d’entrée du CRFPA. « Nous les aidons à trouver un stage, et chacun d’eux à un tuteur professionnel ou avocat ».

 

« HEAD est une formation complémentaire qui n’existe nulle part ailleurs, qui permet aux futurs avocats de démarrer mieux et plus vite ».

 

Un des autres initiateur du projet, Jean-Philippe Lambert, associé du cabinet Mayer Brown expliquait au Figaro en juin 2012 que « lorsque les diplômés arrivent dans les cabinets, nous constatons qu’il y a un fossé entre la théorie et la pratique. Sans parler de leur maîtrise insuffisante de l’anglais »

 

Comme toute formation privée, les frais de scolarités, s’élèvent à environ 8000 euros l’année. Jean-Philippe Lambert expliquait cependant que le « fonds de dotation, alimenté par des avocats patrons de sociétés de gestion et de fonds, permettra de financer des bourses. Nous avons aussi conclu un accord avec la BNP Paribas pour facilier les prêts »

 

Cette année l’école a pu accueillir 35 étudiants français dans son « parcours droit et pratiques des affaires », qui se positionne sur le segment du Master 2, (mais le ministère de l’Enseignement supérieur ne lui a pas encore octroyé ce grade). Elle vise à terme des promotions de 200 étudiants triés sur le volet. Laurent Aynès, directeur adjoint de l’école de droit de la Sorbonne est très favorable à cette école privée, « L’Université ne pourra pas éternellement dispenser une formation de qualité gratuite. Le désengagement de l’Etat nous oblige à nous orienter vers des partenariats privés ».




Par Capucine Coquand, pour Carrières-Juridiques.com