Un nouveau prix de thèse pour faire vivre la doctrine

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Un nouveau prix de thèse pour faire vivre la doctrine

Le prix Open Thèse 2019 a été officiellement lancé le 15 mai. Ouvert aux docteurs diplômés en droit entre 2016 et 2018, il souhaite promouvoir et récompenser la doctrine en libre accès.

Ce mercredi, un nouveau prix de thèse en droit, porté par le Fonds de dotation Open Law, a été lancé à la bibliothèque Cujas. Les candidats - ayant eu leur doctorat sur la période 2016/2018 - ont entre le 20 mai et le 30 septembre pour soumettre leur candidature à Open Thèse. Mais ce sésame comporte une spécificité : il récompense la recherche en libre accès de droit. Un point qui n’est pas anodin puisque la pratique est « encore trop rare » selon les organisateurs, qui souhaitent la promouvoir.

 

Un contexte défavorable

Trop rare parce qu’historiquement, les doctorants visent avant tout une publication chez de prestigieux éditeurs, comme la bibliothèque de thèses LGDJ ou Dalloz. D’abord parce qu’il s’agit d’un passage presque obligé dans le cursus honorum de ceux qui souhaitent ensuite rejoindre un cabinet ou embrasser une carrière universitaire. Ensuite parce que les auteurs craignent que leur travail puisse être plagié.

 

Pour ne rien arranger, la loi est venue accentuer cette tendance. En effet, un arrêté du 25 mai 2016 a durci les conditions d’accès à la recherche doctorale sous forme numérique. La « diffusion (de la thèse, N.D.L.R) est assurée dans l'établissement de soutenance et au sein de l'ensemble de la communauté universitaire », acte le texte. Or, les universités, comme Paris I par exemple, font un usage restrictif de cette définition. Et bien souvent, les thèses ne peuvent plus être consultées qu’en se déplaçant dans les bibliothèques de chaque faculté, sans pouvoir être ni être imprimées, ni téléchargées.

 

Les avantages du numérique

Une situation que déplore la directrice de la bibliothèque Cujas, Noëlle Balley, résumant la problématique ainsi : « Tout ce travail (de recherche, N.D.L.R) pour tomber dans l’oubli ! ». Présente au lancement d’Open Thèse, la dirigeante a rappelé que le numérique pouvait prendre le relais après une publication plus classique et que les logiciels informatiques permettaient aujourd’hui - au contraire - de s’assurer qu’une thèse n’est pas plagiée.

 

Les organisateurs d’Open Thèse souhaitent donc redorer le blason de l’accès libre en mettant en avant de la recherche de qualité. « L’Open access n’est pas réservé aux mauvaises thèses, qui n’auraient pas trouvé d’éditeurs, explique Gilles Dumont, professeur en droit public à l’université de Nantes. Il est tout à fait possible d’articuler la thèse éditée et l’open access. Celui-ci permet aussi un meilleur accès à la doctrine française, qui est mal connue à l’étranger ». 

 

D’ailleurs, les éditeurs ne sont pas réticents à la démarche : Dalloz fait partie des partenaires du prix, aux côtés notamment de grands cabinets d’avocats (DLA Piper, CMS Francis Lefebvre Avocats). Pour réussir à tirer leur épingle du jeu, les candidats à Open Thèse sont invités à faire un effort sur le référencement et sur le résumé en anglais. Pour les lauriers, il faudra attendre le 26 novembre. Une fois que le jury, composé majoritairement d’universitaires mais aussi de documentalistes, aura délibéré.

 

Olivia Vignaud