Avocats : apprenez à déléguer

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Lorsqu’un avocat devient associé, il s’implique davantage dans la vie de son cabinet. Gestion, management, mise en place et suivi des objectifs... Autant de nouvelles responsabilités qui s’ajoutent à sa charge de travail. Il lui devient alors nécessaire de déléguer certaines tâches.

Déléguer ne s’improvise pas. C’est le fruit d’un apprentissage qui commence dès le stade de la collaboration et qui continue tout au long de la carrière d’avocat, particulièrement lorsque les enjeux des dossiers
sont nombreux et complexes. Clémence Fallet, avocate associée chez Bredin Prat, nous le confirme : « Déjà, lorsque l’on est collaborateur, on délègue. Si le mécanisme est plutôt naturel, il ne se fait pas du jour
au lendemain : il faut apprendre à déléguer et à faire confiance. » Pour certains avocats pourtant, confier une partie de son travail à quelqu’un d’autre ne se fait pas aisément.


DÉLÉGUER HABILEMENT


S’il n’y a pas à proprement parler de moment idéal pour le faire, « le processus doit intervenir en fonction du besoin et des nécessités de certains dossiers : la délégation doit être habile », comme le souligne un
avocat counsel. On ne cède pas n’importe quelle mission à n’importe quelle personne. « Tout dépend de l’objet délégué et de son importance. La délégation peut intervenir entre un associé et un counsel, entre un associé et un collaborateur, ou encore entre un collaborateur senior et un collaborateur junior. Par exemple, un associé pourra déléguer l’entière responsabilité d’un dossier à un counsel. Et si l’avocat veut rester efficace et ne pas être noyé dans son travail, il doit commencer à déléguer entre sa troisième et cinquième année de collaboration. » En gardant en tête un objectif simple : s’adapter au niveau d’expérience de la personne à qui l’on confie le dossier. 


DÉLÉGUER INTELLIGEMMENT


Si la délégation est un passage obligé dans la carrière d’un avocat, elle ne doit pas intervenir trop tôt. Le risque ? Déléguer de manière abusive. Confier certaines de ses tâches à un autre avocat doit rester un facteur d’efficacité professionnelle, permettant de gérer d’autres affaires. « L’avocat doit être parcimonieux. Il ne doit pas se fermer à de nouvelles practices ou expertises, en se déchargeant d’une tâche pour laquelle il n’a pas les compétences suffisantes », explique un avocat. Selon un associé, « la délégation ne doit pas s’entendre comme un moyen d’avoir plus de temps pour soi. Le but n’est pas de se décharger pour charger davantage les autres ». La délégation permet aussi de développer le business du cabinet. Comme l’indique Yves Boissonnat, spécialiste de l’executive search et fondateur de Boissonnat Partners, cabinet de conseil spécialisé dans le recrutement, « un avocat associé a besoin d’un levier pour avancer, et ce levier c’est la délégation. Grâce à ce processus, il pourra se concentrer sur des tâches qui ont
plus de valeur ajoutée et sur le développement. Ce sera aussi l’occasion pour les avocats les plus jeunes de prendre davantage de responsabilités. » Une manière de travailler qui doit donc s’apprivoiser, mais qui
permet à chacun de trouver sa place et son équilibre.