Saul Factory : des avocats au soutien des entrepreneurs

C'est en parallèle de leur cabinet "Saul Associés", que Benjamin Chouai et Fabrice Epstein ont décidé de créer la "Saul Factory". Novateur, le projet a vocation à accompagner les entrepreneurs dans leurs démarches juridiques. Les deux avocats ont accepté de répondre à nos questions. 

Carrières-Juridiques.com : Comment vous est venue l’idée de créer la Saul Factory ? 


Benjamin Chouai : L’idée vient presque de nos clients eux-mêmes, du moins de ce que nous avons perçu comme une attente de leur part. Nous accompagnons dans le cadre de l’activité du cabinet Saul Associés de nombreux entrepreneurs. 


Leurs projets impliquent presque systématiquement des aspects liés aux nouvelles technologies, au financement, à la stratégie, au chiffre, d’où l’idée de créer un guichet unique, gratuit et interprofessionnel, réunissant des avocats d’affaires, des entrepreneurs innovants, des expert-comptables, des commissaires aux comptes, des spécialistes des nouvelles technologies.… Toutes les réponses aux questions des entrepreneurs en un lieu unique.



C-J.com :Quel lien existe-t-il entre la Saul Factory et votre cabinet, Saul associés ? 


Fabrice Epstein : Saul Factory est une émanation de notre cabinet d’avocats Saul Associés. Partenaire de l’envol des talents, Saul Factory n’est pas une structure commerciale mais un concept de rencontres et de conseils. Notre cabinet ainsi que nos partenaires dans cette aventure ont une vocation commerciale. Saul Factory est la rencontre de ces compétences et est complètement gratuit.


Nous avons constaté qu’il existait des freins, à la fois économiques et psychologiques pour les jeunes entrepreneurs à solliciter les conseils d’un cabinet d’avocats ou d’autres prestataires pourtant essentiels au moment du lancement de leur entreprise ou au cours de celle-ci. 


La Saul Factory c’est donc en un même lieu :
  • Un legal lab' animé par Saul Associés
  • un business lab’ crée par Jonathan Siboni, serial entrepreneur et dirigeant de la 1ère plateforme internet dédiée au luxe,
  • un account lab’ avec le cabinet Rouas (experts comptables/CAC), 
  • un tech lab’ réunissant des CTO de start up.

Chaque édition met à l’honneur un guest, entrepreneur à succès, qui vient échanger à partir de son expérience (fondateur de Studio Bagel, équipe dirigeante d’Ulule, investisseur media du fonds Permira, fondateur de Club Chauffeur).

 


C-J.com : Cela fait environ 5 mois que la Saul Factory a ouvert ses portes. Quel bilan tirez-vous de ces 5 premiers mois ? 


B.C : Nous avions trois intuitions en créant la Saul Factory :


  • la gratuité est source de richesses. Napster, Youtube, Wikipedia… incarnent cette nouvelle économie de l’échange et du partage. Nous nous inscrivons dans cette dynamique. Saul Factory, c’est collaboratif.
  • l’entrepreneur a besoin de plusieurs techniciens pour mener à bien son projet. La Saul Factory, c’est un seul point d’entrée vers toutes les réponses utiles. L’interdisciplinarité est essentielle.
  • l’individu doit rester au coeur du dispositif. Plusieurs initiatives ont vu le jour ces dernières années sur internet, permettant aux utilisateurs, moyennant une somme modique, d’obtenir des lettres de mise en demeure, des saisines de juridictions, des contrats…La limite à notre sens de ces process c’est qu’il s’agit là de machines, d’algorithmes…Or, le contact humain doit demeurer au centre de la relation client/avocat. Avec quelques bulles de champagne et de la bonne humeur, nous démocratisons l’accès au droit, au chiffre, aux tech sans sacrifier la qualité…

Quel bilan ? Chaque édition de la Saul Factory est un succès et valide ces postulats de départ. Nous sommes frappés du contraste entre la sinistrose ambiante et l’énergie des jeunes entrepreneurs français. Chaque Saul Factory est l’occasion de constater que nos « jeunes pousses » sont extrêmement créatives et innovantes, à l’image de leurs projets. Et que bien accompagnés, ils ne demandent qu’à prendre leur envol!   


Preuve en est: sur les 100 start-up françaises sélectionnées au prestigieux Web Summit de Dublin il y a quelques semaines, des dizaines étaient passées par la case Saul Factory.

 


C-J.com : Des évolutions sont-elles prévues/envisagées ? 

 


F.E : Nous multiplions les interventions hors de notre lieu de rendez-vous habituel au travers de partenariats avec d’autres plateformes entrepreneuriales (Mash Up, Jeunes Pousses d’Assas, Dauphine, Sciences Po Entrepreneurs..).


Nous nous déploierons aussi dans les prochains mois sur les territoires, ce qui s’inscrit dans le cadre de l’expansion du label French Tech.


De plus, la Saul Factory a vocation à se développer hors les zones habituelles de entrepreneuriat. En effet, nous sommes convaincus qu’il faut investir les quartiers populaires, moins privilégiés pour toucher ceux, fils de personne, qui ont envie d’entreprendre mais qui sont freinés dans leur initiative, faute de réseaux ou d’encouragements.


Dans ce contexte, le Maire du 20ème arrondissement nous a sollicités début novembre au titre du mois de l’économie solidaire. C’est notre contribution, notre engagement citoyen, notre façon, en tant qu’avocats, de contribuer au collectif.


Nous préparons d’ailleurs un événement important au mois de janvier 2015 avec plusieurs associations du 19ème arrondissement de Paris et diverses personnalités qui nous ont déjà confirmées leur présence.


Enfin, nous avons pour ambition courant 2015 de porter la Saul Factory jusqu’aux lieux d’enfermement, de manière à accompagner et préparer les projets de réinsertion. Ce volet est toutefois très complexe à mettre en place vu le nombre d’intervenants à convaincre (Chancellerie, administration pénitentiaire, détenus eux-mêmes…). Nous sommes cependant persuadés qu’il verra le jour.

 


C-J.com : Que pensez-vous du récent concept proposé par l’Agence des Nouveaux Avocats ? 



B.C : Nous saluons l’initiative et partons à notre avis du même constat: l’avocat (notamment) n’est pas accessible et il faut faciliter la rencontre client/professionnel du droit.


La profession a besoin d’être bousculée et ce type d’initiatives y contribue. Les avocats ont du mal à s’adapter à la nouveauté et à être flexibles.


Nous sommes convaincus que notre projet ou celui de l’Agence des Nouveaux Avocats ont vocation à faire des petits. Nous sommes au tout début de la bascule pour la profession qui va considérablement se transformer dans un futur proche. 

 


C-J.com : Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à des jeunes avocats qui aimeraient ouvrir leur propre « factory » ? 


F.E : Foncez, libérez-vous des carcans et n’hésitez pas à mettre en œuvre tous les projets qui vous tiennent à cœur. Cela relève de l’essence même du caractère libéral de notre profession. 


Vous avez tout à y gagner. 




Propos recueillis par Capucine Coquand, responsable éditorial pour Carrières-Juridiques.com