Sandrine Morard (Softlaw) : « Notre logiciel permet à l'avocat de se concentrer sur son expertise »

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Sandrine Morard (Softlaw) : « Notre logiciel permet à l'avocat de se concentrer sur son expertise »

Elle a quitté le droit pour l’informatique. En mars dernier avec Softaw, un logiciel dédié aux professionnels du droit, l’ex-avocate se lance dans l’aventure entrepreneuriale. Une initiative saluée par l’incubateur du barreau de Paris, qui lui a remis son prix de l’innovation le 3 décembre dernier.

Carrières-Juridiques.com. Vous étiez avocate, vous êtes aujourd’hui entrepreneuse et apprentie développeuse, une reconversion originale....


Sandrine Morard. Je me suis intéressée au monde du numérique en regardant mon compagnon travailler. En tant que développeur, il automatise certaines tâches rébarbatives et récurrentes. J’ai réalisé que le monde du droit avait beaucoup à apprendre du monde du développement informatique. J’ai décidé de suivre une formation pour apprendre à coder pendant l’été 2014, puis une formation d’entrepreneuriat, lors de laquelle j’ai rencontré mon associé actuel : Guénael Amieux. J’ai finalement décidé de quitter le cabinet international dans lequel j’exerçais en fusion et acquisitions quelques mois plus tard.


C-J.com. Justement, que propose Softlaw ?


S. M. C’est un logiciel dédié aux professionnels du droit. Il parcourt pour eux des documents juridiques (dans un format bureautique standard mais aussi les scans de documents papier), pour en extraire les informations recherchées par les professionnels. Ceux-ci n’ont qu’à vérifier la pertinence des extractions. Un clic replace l’extraction dans son contexte original. Le résultat de leur recherche est ensuite exporté dans un fichier word. L’intérêt de l’outil est multiple : là où l’œil humain mettra mettre plusieurs heures à parcourir intégralement un volume important de documents ou à rechercher une information précise, nos algorithmes ne mettront que quelques minutes. L’outil permettra à l’utilisateur de travailler plus vite et lui fournira également, au choix, un premier ou un second regard sur les documents.

 

C-J.com. Comment le produit se présentera-t-il pour les avocats ?


S. M. Nous devons encore travailler sur le modèle exact de cette offre. Nous leur proposerons probablement de souscrire à une licence annuelle, permettant d’utiliser notre logiciel sur un certain nombre de pages. Une fois ce nombre de page épuisé, l’utilisation du logiciel sera facturée à la page.


C-J.com. Quels objectifs vous fixez-vous ?


S. M. Le logiciel est en train d’être finalisé et la première version sera disponible d’ici juin 2016. Nous avons une nouvelle équipe technique chargée de développer le produit commercialisable. L'objectif est pour l'instant d’accompagner le travail de l’avocat, mais nous espérons aller encore plus loin en étendant progressivement le champ d’intervention de notre outil, en proposant de plus en plus de fonctionnalités.

 

C-J.com. Votre offre est donc bien différentes des startups du droit ?

S. M. Le logiciel accompagne l’avocat ou le juriste, en lui permettant de se consacrer sur son expertise. Je sais d’expérience que le temps perdu sur la « paperasse » est colossal. Nous ne proposons pas de service aux particuliers, en ce sens, nous ne sommes absolument pas concurrent de ces startup du droit. Nous sommes plus en concurrence avec les outils de base de données. Même si ce que nous proposons est bien plus « techno » que la simple recherche par mot clef.

 

C-J.com. Et les avocats, comment ont-ils accueilli ce service ?


S. M. De façon enthousiaste ! Ils ont tout de suite compris l’utilité du service. Notre logiciel automatise ce que l’avocat est actuellement contraint de faire manuellement. Je sais qu’ils sont parfois très hostiles à l’« uberisation » du droit portée par certaines startups et il faut bien reconnaitre que certaines startups survendent largement leurs prestations. Mais nous ne proposons absolument pas le même genre de service. Nous accompagnons simplement les avocats et les juristes dans leur transition numérique.



Propos recueillis par Capucine Coquand 

@CapucineCoquand