Les candidats au bâtonnat de Paris 2016- L'interview croisée

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Les candidats au bâtonnat de Paris 2016- L'interview croisée

Un seul mot d’ordre : l’unité. À l’heure où les avocats sont menacés par plusieurs réformes législatives, les candidats au bâtonnat de Paris s’accordent sur un point : rien ne sera envisageable sans un rassemblement des forces vives de la profession. Une campagne forte et sereine aurait ainsi été de circonstance. C’était sans compter les attaques successives des uns et des autres sur la forme plus que sur le fond des différents programmes. S’il est vrai que la candidature du vice-bâtonnier et la modification du calendrier électoral bousculent les us et coutumes ordinales, il est aujourd’hui grand temps de proposer des solutions concrètes et salvatrices aux 27 000 robes noires de la capitale. 

 

Cet article figure dans le Magazine Décideurs du mois de mai, p 68

Pour quelles raisons les avocats devraient-ils vous choisir comme représentant ?

Avec vingt-cinq ans d’expérience, d’avocat plaidant et plus de vingt ans de syndicalisme au service des avocats et des professions libérales, j’ai la conviction d’avoir la compétence, la connaissance et le courage nécessaire pour représenter tous les avocats de Paris, barreau riche de sa diversité et de sa jeunesse.

 

L’ordre du barreau de Paris et le CNB ont été cette année en désaccord. En tant que bâtonnier, accepterez-vous l’autorité du CNB ?

Pour que les avocats soient écoutés, entendus et respectés, il est essentiel d’avoir enfin une profession unie et solidaire. Nous appelons déjà depuis longtemps à la mise en place d’un président des avocats de France, qui parlerait au nom de la profession et qui en aucune manière ne concurrencerait le barreau de Paris.

 

Quelles solutions envisagez-vous pour aider les jeunes avocats qui ne trouvent pas de collaboration ?

La première action est évidemment en faveur du développement de l’activité pour permettre la croissance de nos cabinets et donc le recrutement de collaborateurs. L’Ordre doit également, en plus du travail sur la conquête de nouveaux territoires, donner la meilleure formation aux avocats, et leur fournir les outils utiles.

 

Quelle est la première chose que vous changerez si vous êtes élu ?

Réconcilier les avocats avec leur Ordre et le rendre accessible et disponible pour tous les confrères en convoquant une assemblée générale extraordinaire du barreau, afin de leur redonner la parole.


Retrouvez le site de campagne de David Gordon Krief et Hubert Flichy
@NousAvocats 

Pour quelles raisons les avocats devraient-ils vous choisir comme représentant ?

Intégrité, travail, démocratie… et parité ! Nous sommes libres pour servir, disponibles pour que tous les avocats se sentent libres de travailler.

 

L’ordre du barreau de Paris et le CNB ont été cette année en désaccord. En tant que bâtonnier accepterez-vous l’autorité du CNB ?

L’unité n’est pas une question de rapport de forces. J’ai siégé au CNB avec Dominique au cours d’une mandature qui a prouvé que les progrès dans l’union étaient possibles à la condition d’accepter dialogue et concertation. Les seules autorités que je reconnaisse sont celles de l’AG de mon barreau et de la majorité résultant du vote des AG des autres barreaux.


Quelles solutions envisagez-vous pour aider les jeunes avocats qui ne trouvent pas de collaboration ?

La base de données dont je prônais la constitution il y a deux ans a finalement été créée à l’EFB. J’en souhaite la publicité, l’ouverture à tous et vers les autres barreaux. L’UJA peut s’en charger mais il faut le faire. Je souhaite également maintenir et étendre l’offre de la pépinière, à la création de laquelle j’ai participé avec Dominique, en son temps.

 

Quelle est la première chose que vous changerez si vous êtes élu ?

Économiser 2,5 millions sur le train de vie de l’Ordre et baisser les cotisations ordinales. Pour être entendus des pouvoirs publics, il nous faut être exemplaires et vertueux.


Retrouvez le site de campagne des candidats Frédéric Sicard et Dominique Attias   

@SicardAttias 

Pour quelles raisons les avocats parisiens devraient-ils vous choisir comme représentant ?

Ils doivent nous choisir parce que nous avons d’autres ambitions que de servir nos confrères. Nous avons gardé les deux pieds dans nos cabinets. Les fonctions de bâtonnier et de vice-bâtonnier se transmettent, nous assurerons en tant que véritables avocats la défense de nos confrères.

 

L’ordre du barreau de Paris et le CNB ont été cette année en désaccord. En tant que bâtonnier, accepteriez-vous l’autorité du CNB ?

Évidemment. La profession doit plus que jamais être unie. Le CNB, représenté par Pascal Eydoux, en qui nous avons toute confiance, a l’autorité pour faire valoir les intérêts de toute notre profession. Il appartient au barreau de Paris non pas d’imposer ses idées mais de convaincre.

 

Quelles solutions envisagez-vous pour aider les jeunes avocats qui ne trouvent pas de première collaboration ?

Nous devons revoir les conditions d’accès et la formation à l’EFB. La Maison du barreau numérique permettra, entre autres, un service d’offres de collaborations efficace. Par ailleurs, il faut aussi inciter les cabinets à intégrer des jeunes confrères par des allègements de charges.

 

Si vous êtes élu, quelle est la première chose que vous changerez ?

Il ne faut pas changer pour changer. En revanche, il faut innover. Nous allons créer la Maison du barreau numérique, vecteur des trois axes de notre programme : transparence, égalité et développement.


Retrouvez le site de campagne des candidats Benoit Chabert et Philip Cohen 

@ReunirLeBarreau

Pour quelles raisons les avocats devraient-ils vous choisir comme représentant ?

Notre projet répond à une triple attente :

– Un Ordre à la gestion irréprochable entièrement tourné vers le renforcement des droits de nos confrères.

– Un Ordre à l’image de ses pairs et en phase avec son temps, rajeuni et plus paritaire, qui s’intéresse à l’équilibre de vie.

– Un Ordre ouvert au monde qui l’entoure, aux évolutions de notre profession, tout en protégeant nos institutions.

 

L’ordre du barreau de Paris et le CNB ont été cette année en désaccord. En tant que bâtonnier, accepteriez-vous l’autorité du CNB ?

Nous avons, depuis l’arrivée de Pascal Eydoux à la tête du CNB, réussi à mettre un terme aux dissensions qui fragilisaient notre profession dans nos discussions avec les pouvoirs publics. Il faut tout faire pour que cela continue. Il ne s’agit pas d’accepter « l’autorité du CNB » mais de créer les conditions d’une gouvernance unifiée de la profession au service des confrères.


Quelles solutions envisagez-vous pour aider les jeunes avocats qui ne trouvent pas de collaboration ?

Nous voulons leur offrir des réponses concrètes face aux difficultés qu’ils rencontrent. Nous souhaitons les accompagner en mettant en place une cellule dédiée au sein du barreau entrepreneurial et un tutorat renforcé dès l’EFB. Leur installation doit également être facilitée par une domiciliation plus simple au sein de cabinets existants ou de la Pépinière.

 

Quelle est la première chose que vous changerez si vous êtes élu ?

Nous ferons entrer les jeunes avocats à l’Ordre ! Nos institutions et notre barreau doivent répondre aux défis d’aujourd’hui ! Nous mettrons en place une commission jeune barreau et réserverons quatre places paritaires aux avocats ayant moins de huit années d’exercice au sein du Conseil de l’Ordre.


Retrouvez le programme de campagne des candidats Laurent Martinet et Marie-Alix Canu-Bernard
@Martinet_CanuB 

Pour quelles raisons les avocats devraient-ils vous choisir comme représentant ?

Nous sommes avocats et posons sur l’Ordre un regard lucide. C’est à la fois une PME qui doit être bien gérée et surtout, une institution qui doit pouvoir représenter tous les avocats dans leur diversité. Nous souhaitons répondre à cette double exigence.

 

L’ordre du barreau de Paris et le CNB ont été cette année en désaccord. En tant que bâtonnier, accepterez-vous l’autorité du CNB ?

Il ne doit pas y avoir de rapport d’autorité. La représentativité de la parole nationale des avocats auprès des pouvoirs publics est un fait. Chacun à son rôle et ses compétences. Ni les querelles de personnes ni les rapports Paris/province ne doivent polluer cette réalité. Quels que soient les sujets, l’avis des 27 000 avocats parisiens doit compter et notre parole entendue. C’est ainsi que nous éviterons les tensions et incompréhensions.

 

Quelles solutions envisagez-vous pour aider les jeunes avocats qui ne trouvent pas de collaboration ?

Nous proposons un système de mise en relation entre des avocats qui souhaitent céder leurs activités et de jeunes confrères qui souhaitent s’installer. L’idée est de favoriser une reprise de cabinet en douceur sur une période de un à cinq ans, en limitant les difficultés liées à la création d’une clientèle. L’ordre apportera son concours pratique et suscitera les solutions de financement ad hoc.

 

Quelle est la première chose que vous changerez si vous êtes élu ?

L’inversion annuelle des mandats de bâtonnier et de vice-bâtonnier. Les rôles de chacun seront mieux définis et la parité des candidats rimera avec l’égalité de ceux-ci. C’est la meilleure réponse à la situation troublée que nous connaissons actuellement avec la candidature du vice-bâtonnier en exercice.


Retrouvez le site de campagne des candidats Nicolas Leregle et Nathalie Attias
@AttiasLeregle 

Pour quelles raisons les avocats devraient-ils vous choisir comme représentant ?

Je veux mettre fin aux archaïsmes, comme aux fastes de notre instance et décupler le soutien aux confrères les plus démunis.

 

L’ordre du barreau de Paris et le CNB ont été cette année en désaccord. En tant que bâtonnier accepteriez-vous l’autorité du CNB ?

Je siégerai au CNB. J’y porterai la voix des 27 000 avocats parisiens. L’organisation actuelle de la profession est surréaliste, avec trois instances qui se superposent : le CNB, le bâtonnier de Paris et la conférence des bâtonniers. Les avocats devront bien se doter, à terme, d’une autorité unique vis-à-vis des pouvoirs publics.


Quelles solutions envisagez-vous pour aider les jeunes avocats qui ne trouvent pas de collaboration ?

Les états généraux de la collaboration sont urgents et ne devront exclure aucune piste, y compris l’incitation financière pour les petits cabinets. J’entends en amont développer les moyens dont dispose l’EFB pour procurer des stages car nombre d’entre eux débouchent sur une collaboration.

 

Quelle est la première chose que vous changerez si vous êtes élu ?

Je réduirai drastiquement le train de vie du bâtonnier (limousines, cartes de crédit, voyages, personnel de maison, billet en première classe). Je renoncerai à l’exercice de la fonction d’autorité de poursuite. Le bâtonnier de l’Ordre ne saurait être à la fois le confident naturel de ses confrères et leur accusateur public.


@JLBessis

Pour quelles raisons les avocats devraient-ils vous choisir comme représentant ?

Parce que je suis le seul capable de battre Laurent Martinet.

 

L’ordre du barreau de Paris et le CNB ont été cette année en désaccord. En tant que bâtonnier, accepterez-vous l’autorité du CNB ?

Oui, parce que je ferai en sorte que le CNB vote systématiquement en faveur des positions parisiennes qui sont par principe les plus pertinentes.

 

Quelles solutions envisagez-vous pour aider les jeunes avocats qui ne trouvent pas de collaboration ?

Confier à Laurent Martinet la mission de leur trouver une situation au Brésil ou en Chine, là où il a noué des liens indispensables et utiles pour le barreau de Paris.

 

Quelle est la première chose que vous changerez si vous êtes élu ?

Je ferai porter à cinq ans, renouvelables deux fois, la durée du mandat du bâtonnier afin d’être à même de poursuivre mon œuvre considérable.


@RemboAvocat



Propos recueillis par Capucine Coquand et Camille Drieu 



Les candidats au bâtonnat de Paris sont plutôt..Réponses du "tac o tac"