L’avenir de la filière juridique au cœur du Grenelle du droit

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Neuf ans après le rapport Darrois sur les professions du droit, l’heure était au bilan pour la deuxième édition du Grenelle du droit, organisé par l’AFJE et le Cercle Montesquieu.

L’événement est introduit par un débat modéré par Stéphanie Fougou, présidente de l’AFJE, et Nicolas Guérin, président du Cercle Montesquieu sur l’avenir de la filière juridique. La parole est donnée à Marie-Aimée Peyron (bâtonnier de Paris), Pierre Berlioz (directeur de l’EFB), Aurélien Hammelle (directeur juridique, Total), Bertrand Savouré (président de la chambre des notaires Paris Ile de France), Yves Garagnon (CEO, DiliTrust) et Thomas Andrieu (directeur des affaires civiles et du Sceau).

 

Avec la disparition des avoués, la fusion entre les huissiers et les commissaires-priseurs judiciaires, l’interprofessionnalité, des rapprochements nécessaires se sont opérés entre les professions juridiques. « Nous avons davantage de points en commun que de divergences, souligne Stéphanie Fougou. Il faut changer la perception du droit par le citoyen, créer des maisons du droit, un ministère des Professions du droit. »

 

À l’issue de la plénière, la matinée se poursuit par cinq ateliers qui devraient déboucher sur des propositions concrètes en matière d’accès aux professions juridiques, de mobilité internationale, de formation, d’innovation et de réflexion sur un socle commun destiné à renforcer la filière juridique.



La formation des juristes doit être plus pratique

 

Pour conclure l’événement, le Premier ministre Édouard Philippe revient notamment sur le sujet de la formation des juristes de demain. Au-delà d’une formation unifiée qui semble peu probable, l’accent est mis sur l’importance d’initier les juristes à d’autres matières que le droit. « La formation des juristes doit être plus pratique, un peu plus tournée vers d’autres champs, pas forcément tous juridiques », exhorte Édouard Philippe. En matière d’innovation, « la barrière entre le professionnel et le profane est en train de s’estomper, mais il ne faut pas confondre accès au droit et compréhension ». Et de conclure : « Le droit est un univers en éternelle expansion. » Les juristes ont donc un bel avenir devant eux, à condition de ne pas manquer le train de l’innovation.  

 

Pierre Allemand