Laurence Junod-Fanget « Nous souhaitons intégrer encore mieux les jeunes avocats »

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Laurence Junod-Fanget « Nous souhaitons intégrer encore mieux les jeunes avocats »

Laurence Junod-Fanget a été élue le 10 mars dernier, Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Barreau de Lyon. Engagée au conseil de l’ordre depuis plusieurs années, Laurence Junod-Fanget prendra officiellement ses fonctions à la tête du deuxième barreau de France au 1er janvier 2016. Elle succédera ainsi à Pierre-Yves Joly.


Carrières-Juridiques.com : Pouvez-vous nous détailler succinctement les étapes marquantes de votre parcours d'avocat ?


Laurence Junod-Fanget : J’ai prêté serment en 1982. J’ai tout d’abord exercé dans des structures de taille importante, puis j’ai ensuite choisi de travailler à titre individuel. Avec mes collaborateurs, nous traitons aujourd’hui principalement des dossiers en droit du travail et droit de la famille. Je suis également formatrice à l’Ecole des avocats et j’interviens à l’Université. J’y enseigne principalement les modes amiables de résolutions des différends.


Je suis engagée dans la représentation de la profession depuis de nombreuses années. J’ai été membre du conseil de l’Ordre pendant six ans. Avant cela, j’avais eu l’occasion d’être représentante du jeune barreau comme secrétaire du stage.

 

C-J.com : Pour quelle(s) raison(s) avez-vous souhaité devenir bâtonnier ?


L.J-F : Lors de mes six années passées au Conseil de l’Ordre, je me suis occupée de plusieurs commissions notamment en droit de la famille et modes amiables de résolution des différends. Je pense pouvoir légitimement mettre mon expérience au service de la profession pour continuer à faire progresser notre Barreau. C’est donc presque naturellement que j’ai souhaité devenir bâtonnier.

 

C-J.com : Quels sont vos objectifs en tant que bâtonnier ?


L.J-F : La première des choses que nous souhaitons c’est fédérer les avocats. Nous sommes tous différents mais nous partageons les mêmes règles. Nous devons avoir des projets communs. Certaines choses ont déjà été mises en place. En matière de  modes amiables de  résolution des différends, par exemple, plusieurs projets ont été menés tel que la mise en place d'une formation continue. Nous sommes allés encore plus loin en créant le centre de justice amiable des avocats (CJ2A). Celui-ci a vocation à informer le public et à les orienter en matière de mode amiable. Nous souhaitons que ce type d’initiative continue à se développer.

 

Nous souhaitons intégrer encore mieux les jeunes avocats. Beaucoup trop de jeunes quittent la profession après quelques années d’exercice. A Paris par exemple le nombre de jeunes avocats quittant la profession après seulement cinq ans d’exercice est impressionnant. A Lyon, nous devons mettre en place les outils statistiques nous permettant de quantifier et d’expliquer ce départ des jeunes avocats. Je pense que ce dispositif est indispensable pour mieux comprendre les raisons de ces départs.

 

Enfin, nous souhaitons qu’il y ait plus de proximité entre les avocats et les justiciables pour permettre un accès simplifié de tous à la règle de droit. Cela sous-entend notamment de moderniser la communication entre le barreau et les justiciables.


Ces différents objectifs ne peuvent être remplis qu’avec le concours de tous les avocats lyonnais. C’est au bâtonnier que je suis que revient le rôle d’impulser cette dynamique.  



Propos recueillis par Capucine Coquand