Hausse des offres d’emploi dans le secteur juridique en 2017

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Selon une étude menée par Robert Walters, l’année 2017 se porte bien pour le secteur juridique. Sur les trois premiers trimestres, le volume d’offres d’emploi a augmenté de 11% par rapport à 2016. Deux compétences ressortent largement : l’immobilier et l’IT. Rencontre avec Constance Philippon, Manager Division Juridique, Fiscal et Compliance chez Robert Walters.

Deux compétences qui se démarquent

 

Si la fonction juridique est globalement en hausse, deux secteurs sont en effet particulièrement représentés : le juriste immobilier et le juriste IT.  L’immobilier tout d’abord, parce qu’en France et particulièrement en Ile-de-France, on observe un boom sectoriel résultant notamment de grands projets type Grand Paris et les Jeux Olympiques. Ce secteur soulève de nombreuses problématiques juridiques, ce qui nécessite un renforcement des équipes.  « Ce boom sectoriel ne ralentira pas l’année prochaine, et cette tendance se lissera sur plusieurs années », précise Constance Philippon, Manager de la division Juridique, Fiscal et Compliance chez Robert Walters.

 

Quant à l’IT, cette tendance s’inscrit dans la logique de la vague de digitalisation de l’entreprise qui a aujourd’hui un besoin croissant de juristes capables de négocier des contrats complexes, parfois en dehors du cœur de métier de l’entreprise. Il ne s’agit pas uniquement de juristes dans le secteur IT, cela concerne également les juristes IT qui interviennent dans les secteurs industriels en appui des opérationnels afin de les accompagner dans la transformation digitale de l’entreprise.

 

Emergence de nouveaux métiers

 

Enfin, l’étude souligne l’émergence de nouveaux métiers suite à des impacts règlementaires liés notamment à la protection des données personnelles. Ainsi, l’année 2018 sera marquée par une recrudescence d’offres d’emploi de Data Privacy Officer, c’est-à-dire de juristes en charge de la gestion des données internes ou des données traitées par les sites Internet.

 

Un besoin de profils expérimentés

 

De manière générale, le secteur juridique a un vrai besoin de séniorité (7 à 10 ans d’expérience) et de polyvalence. « Selon nous, si l’on calque le volume d’augmentation traduit par le baromètre de l’emploi et le volume d’activité global, le point d’achoppement est cette recherche de profils séniors qui se caractérisent par une rapide mise en autonomie et une adaptabilité que recherchent les directions juridiques », analyse Constance Philippon. Les juristes séniors peuvent se charger de projets de façon plutôt matricielle, avec une polyvalence très appréciée des recruteurs. L’expertise est une chose mais ce n’est pas le seul critère en juridique.

 

L’étude pointe également du doigt le candidat idéal : le juriste qui est passé par la case avocat. Ce sont des profils très en vogue selon Robert Walters.

 

 « Cette double formation professionnelle traduit une polyvalence, le candidat a su s’adapter aux deux environnements qui sont très différents: une formation d’expert en cabinet et une formation d’opérationnel en entreprise », soulève Constance Philippon. De manière générale, le fait de pouvoir additionner les expériences pourra apporter beaucoup à l’entreprise. Mais attention, cela ne veut pas dire que si vous n’avez pas travaillé en cabinet vous êtes moins polyvalent. Car la polyvalence peut se manifester autrement. Par exemple, un juriste IT qui sait coder est forcément bien mis en avant. Un juriste projet capable de lire un résultat d’exploitation sera aussi plus intéressant pour une entreprise.

 

« Aujourd’hui, les entreprises sont confrontées à des normes règlementaires qui sont assez lourdes, on a besoin de candidats capables d’appréhender cet environnement contraignant pour pouvoir aider les entreprises à être facilitateur d’activité et non pas frein à l’activité », précise Constance Philippon. C’est pourquoi les profils avec les cultures les plus diverses, cultures financières en plus, cultures IT, ou cultures projets vont être des candidats privilégiés. L’expertise pure et dure va être moins valorisée aujourd’hui parce que l’on a besoin que le juridique soit central. »  

 

 

Propos recueillis par
Pierre Allemand et Clémentine Anno