Dan Jansen (NextLaw Labs) « Nous bénéficions d'une relation directe avec un panel d'avocats le plus diversifié au monde »

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Lancé aux États-Unis en octobre 2015, NextLaw Labs, l’incubateur d’entreprises de la firme Dentons dirigé par Dan Jansen (CEO) et John Fernandez (Global Chairman) investit dans des entreprises technologiques prometteuses capables de transformer la pratique du droit en profondeur.

Carrières-Juridiques.com. Pouvez-vous nous rappeler le contexte de la création de NextLaw Labs ?

 

Dan Jansen. Dans un marché dynamique et en constante évolution, il existe de nombreuses opportunités pour les cabinets les plus flexibles et innovants, et des risques croissants pour ceux qui ne changent rien à leur mode de fonctionnement. Les cabinets traditionnels ne disposent pas d’une structure interne ni de process favorisant l’innovation. Ainsi, de nombreuses innovations juridiques ne sont pas produites par les cabinets d’avocats. La transformation de ce modèle requiert une structure nouvelle et différente qui favorisera  les innovations des fournisseurs de services juridiques. NextLaw Labs a été créé pour capitaliser sur cette opportunité.

 

C-J.com. Pouvez-vous nous présenter les startups qui ont déjà intégré votre portefeuille ?

 

John Fernandez. Nous avons effectué notre premier investissement dans Ross (1), une application de conseil juridique fonctionnant sous IBM-Watson, qui vise à rationaliser la recherche de données juridiques et permettre aux avocats et à leurs clients d’économiser leur temps et leur argent. Grâce au système cognitif de Watson et à sa fonction d’analyse du langage, un avocat peut poser une question à Ross comme s’il s’adressait à un collègue, puis Ross analyse les données légales, rassemble les éléments pertinents et fait des déductions avant de présenter une réponse argumentée.

  

D. J. Environ un tiers  du temps facturable des collaborateurs est consacré à la recherche juridique. Le but de Ross est de faciliter cette étape et permettre aux avocats de consacrer plus de temps à leurs dossiers. Ce service en est encore aux premiers stades de son développement mais il illustre les différents types de solutions sur lesquelles nous travaillons et que nous espérons mettre prochainement à la disposition des clients de Dentons. Une fois son développement achevé, Ross sera disponible sur toutes les plateformes, notamment Androïd, iOS, et sur les ordinateurs portables et de bureau.

 

J. F. Nous avons également investit dans Apperio, une start-up de technologie juridique qui vise à  transformer la façon dont les cabinets d’avocats gèrent leurs dossiers. Établie à Londres, Apperio est l’une des start-ups de technologie juridique les plus prometteuses sur le marché. Nous pensons que le service proposé changera la donne sur le marché et nous avons déjà commencé à en essayer une version pilote avec les avocats et business développeurs de notre bureau de Londres. Nous travaillons avec les équipes d’Apperio pour rationaliser la gestion des dossiers, évaluer les dépenses juridiques en temps réel et standardiser le processus de réponse aux appels d’offre, permettant aux avocats de gagner un temps considérable et de mettre en place des pratiques efficaces.

 

D. J. La plateforme Apperio consiste en un tableau de bord présentant des smart analytics et fournissant aux cabinets d’avocats et à leurs clients une transparence totale quant au calcul des honoraires. Ce tableau de bord, simple et intuitif, permet à chaque utilisateur de bénéficier d’une vue d’ensemble et de construire une relation avocat/client forte tout en proposant les outils nécessaires à une communication optimale entre les partenaires.

 

 

C-J.com. La technologie juridique est particulièrement développée aux Etats-Unis, comment allez-vous vous démarquer ?

 

D. J. Contrairement à de nombreux autres incubateurs et accélérateurs, NextLaw Labs se concentre exclusivement sur l’industrie juridique. Elle est la seule entreprise de technologie juridique utilisant les ressources du plus grand cabinet d’avocats au monde pour élaborer et affiner ses idées de produits. Nous bénéficions d’une relation directe avec le panel d’avocats internationaux le plus diversifié au monde, panel qui nous aide à tester nos nouveaux produits, services ou toute autre idée qui sera examinée, développée et évaluée.

 

J. F. Nous observons le développement de technologies juridiques avec enthousiasme et nous constatons qu’en dépit du grand intérêt que présentent certaines technologies développées par de nouvelles  startups, celles-ci n’ont pas d’impact sur le marché à moins d’être conçues pour résoudre un problème plus vite, moins cher et au mieux dans un contexte juridique. La profession juridique requiert des compétences multiples, impliquant des solutions complexes. NextLaw Labs s’attache à s’associer avec des entreprises dont nous croyons qu’elles incarnent le futur du droit.

 

C-J.com. Quels sont les objectifs de NextLaw Labs sur le long terme ?

 

D. J. La vision de notre entreprise est de réinventer la pratique du droit grâce à  la technologie. Pour mettre en œuvre cette vision nous avons trois objectifs : co-développer des produits et des solutions avec les clients de Dentons, créer des outils dont les avocats et professionnels de Dentons seraient les seuls propriétaires et utilisateurs et investir dans des entreprises  de technologies juridiques qui répondent à de véritables problèmes de façon convaincante et ce à un stade précoce de leur développement. Nous cherchons également à soutenir Dentons sur le long terme et de plusieurs façons. En mettant l’innovation au cœur de la stratégie de Dentons pour améliorer son service client, en soutenant le développement commercial de Dentons et en créant de nouveaux produits qui génèrent des revenus et offrent un retour sur les investissements effectués avec nos partenaires stratégiques

 

C-J.com. Plus précisément, prévoyez-vous d’étendre vos activités hors des Etats-Unis ? À Paris, peut-être ?

 

J. F. NextLaw Labs est une plateforme d’innovation collaborative globale et s’engage déjà auprès de différents partenaires partout dans le monde. Nous sommes évidemment très actifs aux États-Unis mais notre investissement dans Apperio, entreprise située en Angleterre, montre clairement notre ambition d’établir des partenariats partout dans le monde.

 

D. J. Nous étions récemment à Paris pour rencontrer des partenaires potentiels, l’Europe étant pour nous un marché clé. Nous nous apprêtons également à annoncer la nomination de deux nouveaux membres de notre Advisory Board l’un, belge, et l’autre, anglais. Nous rencontrons également des accélérateurs d’entreprise en Europe et en Angleterre, afin d’établir des partenariats dont nous espérons annoncer la signature ce trimestre.

 

 

 

Propos recueillis par Capucine Coquand

@CapucineCoquand

 

 

(1) L'intelligence artificielle débarque dans les cabinets d'avocats américains