"Nous n’avons pas vocation à remplacer les magistrats ni les avocats" Pascal Martinez, fondateur de Juri'Predis

  • Publié

Si la justice prédictive n’a pas à ce jour convaincu tous les professionnels du droit, certains acteurs continuent à faire leur entrée sur le marché. Tel est le cas de la start-up aixoise Juri’Predis, qui a développé un outil d’aide à la décision. Ce projet, conçu et imaginé par des chercheurs en intelligence artificielle et en droit, a vu le jour en mars 2018.

Carrières-juridiques.com. Pourquoi avoir choisi le secteur de la justice prédictive ?

Pascal Martinez. Depuis vingt ans, je dirige une agence de communication spécialisée dans le secteur du droit. Nos clients, principalement des avocats, se sont sentis menacés par l’apparition des legaltechs. Nous avons alors réfléchi à un outil pour optimiser la recherche juridique. Contrairement à ce que l’on peut lire dans la presse, nous n’avons pas vocation à supprimer les magistrats ni les avocats. Juri’Predis n’est pas un outil de prédiction mais d’aide à la décision.

 

Quelle solution proposez-vous ?

Juri’Predis est un moteur de recherche juridique qui utilise l’intelligence artificielle pour imiter l’indexation humaine de la jurisprudence. Quatre fonctionnalités permettent aujourd’hui à nos clients d’optimiser leur recherche jurisprudentielle. Après une première étape d’analyse qualitative des décisions de justice, notre solution propose dans un second temps leur hiérarchisation et une première interprétation des données récoltées. Une fois identifié, le texte le plus pertinent peut être rattaché à un courant jurisprudentiel constant. Enfin, Juri’Predis permet de trouver et de compiler les données jurisprudentielles des cas similaires.

 

Comment fonctionne votre algorithme ?

Il est composé d’une série de neurones artificiels programmés aux méthodes d’apprentissage automatique (machine learning), ce qui permet des classifications rapides. Son raisonnement se fait en deux temps. La machine a appris que l’arrêt qu’elle recherche doit être le plus proche possible de la demande de l’utilisateur (approche qualitative). Dans un second temps, elle identifie les cas semblables qui se rapprochent au maximum du cas exposé par l’utilisateur.

 

En quoi Juri’Predis se différencie-t-il de ses concurrents ?

Contrairement à nos concurrents, Juri’Predis ne collecte pas des données juridiques pour en extraire des statistiques sur les contentieux de masse. Là où certains moteurs traitent les données juridiques issues du « Big Data » comme n’importe quel autre type de données, Juri’Predis analyse et filtre la jurisprudence comme le ferait un juriste : c’est le coeur même de l’algorithme développé et de l’intelligence artificielle proposée. Notre solution raisonne par singularité : l’arrêt à trouver doit être le plus proche possible du cas souhaité, d’où l’approche purement qualitative pour proposer aux utilisateurs des arguments jurisprudentiels aboutis qui les aideront à optimiser leur stratégie.

 

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

En 2019, nous prévoyons de déployer notre offre avec le lancement d’un outil dédié aux contentieux indemnitaires. Sur le long terme, Juri’Predis a également vocation à être diffusé dans l’ensemble des pays francophones dont le système juridique est proche du nôtre. 

 

« Juri’Predis n’est pas un outil de prédiction mais d’aide à la décision »


Si la justice prédictive n’a pas à ce jour convaincu tous les professionnels du droit, certains acteurs continuent à faire leur entrée sur le marché. Tel est le cas de la start-up aixoise Juri’Predis, qui a développé un outil d’aide à la décision. Ce projet, conçu et imaginé par des chercheurs en intelligence artificielle et en droit, a vu le jour en mars 2018.

Pierre Allemand