"Les entrepreneurs n’ont pas tous une formation juridique" : Jean-François Menguy, fondateur, Weblex

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Tous les entrepreneurs n’ayant pas la formation académique pour comprendre et analyser la réglementation, la start-up nantaise WebLex, créée par Jean-François Menguy, met à leur disposition une information juridique intelligible et facile d’accès.

Carrières-juridiques. Pourquoi avoir décidé de créer WebLex ?

Jean-François Menguy. Fiscaliste de formation, j’ai exercé chez Fidal pendant quelques années avant d’intégrer la presse professionnelle en tant que rédacteur en chef de revues juridiques aux Éditions Francis Lefebvre. C’est alors que l’envie de créer ma propre maison d’édition s’est manifestée. J’ai fait le constat que les entrepreneurs étaient contraints par une réglementation historiquement dense. Il est difficile de s’y retrouver dans ce maquis, d’autant plus que tous les fondateurs de start-up n’ont pas forcément le bagage académique pour appréhender le corpus juridique. L’idée avec WebLex était de rendre le contenu juridique accessible au plus grand nombre.

 

En quoi consiste WebLex ?

La plateforme s’adresse à tous les entrepreneurs mais ce sont les experts-comptables qui représentent la majeure partie de nos clients. Nos rédacteurs en interne assurent une veille juridique adaptée à différents secteurs d’activité. Plusieurs milliers de fiches conseil aident nos abonnés dans la gestion juridique de leur entreprise (barèmes, agendas, etc.). On a développé en 2018 un outil de veille segmenté en fonction du profil du lecteur, accessible gratuitement sous réserve de renseigner quelques critères (secteur d’activité, effectifs, chiffre d’affaires, etc.)

 

Comment avez-vous financé ce projet ?

Strego, notre premier client, nous a accompagnés dans notre développement pendant quatre années. Nous sommes aujourd’hui indépendants, je détiens 100 % des parts de WebLex.

 

Comment les professionnels du droit sont associés à WebLex ?

Grâce à DirectoLex, notre outil de mise en relation avec un avocat. Il s’agit d’un système permettant d’entrer rapidement en contact avec un conseiller juridique via un smartphone après un prépaiement par carte bancaire. L’intérêt ? On ne paie que ce que l’on consomme (forfait à la minute). L’objectif était d’ouvrir la plateforme au grand public, mais cela n’a pas fonctionné comme on l’avait imaginé. Les utilisateurs n’acceptent de payer le premier contact avec un avocat que lorsqu’ils sont certains d’avoir le bon interlocuteur.

 

Les experts-comptables, qui rappelons-le constituent la majorité de nos clients, ont un devoir de conseil auprès des entreprises. Nous leur proposons un outil de content marketing sur l’actualité juridique adapté à leurs clients avec une newsletter et ce que nous appelons « l’histoire du jour ». Nous simplifions le récit d’un litige sans analyser l’arrêt de manière approfondie. Les experts-comptables n’ayant pas les mêmes réflexes que les juristes, DirectoLex répond à leurs questions d’ordre juridique.

 

Quelles sont les perspectives pour l’avenir ?

Nous aimerions développer notre département commercial, notre équipe de rédaction et l’appui en back-office. Nous souhaiterions doubler nos effectifs afin de développer de nouveaux services, notamment des packs événementiels pour accompagner les experts-comptables dans l’organisation de réunions d’information auprès de leurs clients.

 

Pierre Allemand