"L’association ne se demande pas, elle s'impose", Louis de Gaulle, fondateur De Gaulle Fleurance & Associés

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Fondateur du cabinet De Gaulle Fleurance & Associés, Louis de Gaulle a été collaborateur pendant une dizaine d’années avant d’accéder au statut d’associé. Pour lui, capacité d’initiative et qualité du service délivré aux clients sont la clé du succès pour accéder à l’association.

Carrières juridiques. Pour vous, qu’est-ce qu’un associé ?


Louis de Gaulle. Un associé est un avocat qui a une maîtrise technique de son expertise principale, une capacité de management interne et une capacité de développement. Il doit avoir démontré ces trois capacités ou être en train de les démontrer pour devenir associé. 

 

Comment se démarquer par rapport aux autres collaborateurs ?


Plusieurs choses sont nécessaires : une capacité d’initiative, une qualité du service délivré aux clients et un développement de la clientèle interne. Il faut être réactif et efficace dans le traitement des dossiers, coordonner correctement sa technique et la gestion de sa clientèle.

Cette capacité d’autonomie doit pouvoir s’acquérir sans pour autant sortir de son rôle : il faut savoir se rendre utile sans contourner les associés. L’association ne se demande pas, elle s'impose. 

 

En moyenne, combien d’années d’exercice sont-elles nécessaires avant de devenir associé ?


Cela varie en fonction des cabinets qui ont des niveaux d’exigence différents. Il faut au moins sept ans d’exercice avant de devenir un avocat autonome techniquement. En général, dix années d’expérience sont nécessaires avant d’être associé. Mais il y a toujours des exceptions puisque certains avocats vont devenir associés plus vite que d’autres. Qu’est-ce qui change quand on devient associé ? Être collaborateur, c’est comme être sur un tandem, et lorsqu’on devient associé, on est à la tête du tandem, voire seul à pédaler. En tant qu’associé, l’avocat est moins dans le support et plus dans la prise de décision. C’est un passage charnière qui peut être difficile pour lui, et le cabinet doit l’accompagner dans cette transition. De toute façon, il faut être prêt à être associé. Faire du forcing pour le devenir sans avoir la maturité nécessaire est une mauvaise idée.


Est-il stratégique de se positionner sur un secteur particulier du droit pour devenir associé ?

Cela dépend du cabinet. Chez De Gaulle Fleurance, être hyperspécialisé n'est pas une clé d'accès au statut d’associé. Nous recherchons la transversalité du droit. L’avocat associé doit posséder une technique
généraliste suffisante, conseiller utilement ses clients, dépasser les expertises trop spécifiques. Dans les cabinets de niche, évidemment, c’est différent. Nous voulons également des associés qui soient capables de développer une ou plusieurs expertises par la suite. De toute manière, le critère de l’expertise se vérifie au grade de la collaboration (en raison de la variété des dossiers confiés et à traiter). Être associé, c’est avoir une véritable capacité entrepreneuriale à se développer. Certaines personnes y aspirent naturellement alors que d’autres non.


Au bout de combien de temps êtes-vous devenu associé ?


J’ai été collaborateur pendant neuf à dix ans environ. J’ai d’abord travaillé en tant que conseiller juridique dans un cabinet de conseil pendant huit ans. On m’a proposé de devenir associé mais j’ai refusé car je voulais changer de structure. J’ai intégré un cabinet et, au bout d’un an, je suis devenu avocat associé. Peu de temps après, j’ai monté ma propre structure. Refuser la première proposition d’association n’était pas un choix risqué, car sur le marché il est plus facile de se vendre en tant que collaborateur qu’associé.


Quels souvenirs gardez-vous de cette transition ?


Les relations avec mes clients n’ont pas changé. La seule différence concerne mon exercice de la profession : en tant qu’associés, nous sommes amenés à prendre plus de décisions, nous sommes davantage impliqués dans la gestion et dans le management.