Stéphanie Jennepin : « Le métier d'enquêteur privé n'a rien de 'sexy' »

  • Publié
  • modifié
Stéphanie Jennepin : « Le métier d'enquêteur privé n'a rien de 'sexy' »

Stéphanie Jennepin est enquêtrice indépendante depuis 2012. Sans détour, cette ancienne assistante juridique nous dépeint son quotidien, bien loin des fantasmes et autres clichés rattachés à la profession.

Carrières-Juridiques.com. Comment vous est venue cette idée d’embrasser une carrière d’enquêteur ?

 

Stéphanie Jennepin. Cette idée a germé losrque j’étais étudiante en droit. À l’époque, je m’étais renseignée sur le diplôme universitaire d’enquêteur privé de Melun. J’y avais d’ailleurs demandé un dossier d’inscription. Mais le coût de la formation était conséquent et mes parents ne m’ont pas soutenue, considérant qu’il ne s’agissait pas d’un « vrai » métier. J’ai donc abandonné l’idée et j’ai terminé mes études de droit. J’ai d’abord travaillé en cabinet d’avocats avant de décider, en 2012, de me lancer dans ce projet.

 

 

C-J.com. La réalité du métier se rapproche-t-elle des fantasmes et clichés que l’on peut s’en faire ? 

 

S. J. Après plusieurs mois d’exercice, je peux vous dire que la profession n’a rien de « sexy », comme on pourrait le croire. J’imagine que vous pensez immédiatement aux filatures. Il y en a, certes, mais ce n’est pas l’essentiel de l’activité. Je passe près de 80% de mon temps devant mon ordinateur. Je ne vais sur le terrain que lorsque j’ai besoin de m’assurer de l’identité de mes cibles.  

 

 

« Je ne vais sur le terrain que lorsque j’ai besoin de m’assurer de l’identité de mes cibles » 

 

 

C-J.com. À quoi se résume votre quotidien ?

 

S. J. Mon activité se divise en deux temps, avec d’abord une partie dédiée au droit commercial qui consiste pour moi à de la recherche de débiteurs. Mon rôle est de les localiser, de rendre compte de leur patrimoine, savoir notamment s’ils sont propriétaires ou locataires de leur immeuble, pour ensuite transmettre ces informations à mes clients. Il m’arrive parfois de n’avoir à leur donner qu’une adresse, qui leur servira pour faire dépêcher un huissier. L’autre pan de mon activité est axé sur le droit de la famille, principalement sur des affaires d’adultère. Il m’arrive aussi de plus en plus souvent de prendre en chasse des adolescents dont les parents se soucient de leur mode de vie. Ces enquêtes se déroulent sur le terrain, par des filatures, mais encore plus sur les réseaux sociaux.

 

 

C-J.com. Quelle est votre ambition pour les années à venir ?

 

S. J. À terme, j’aimerais développer ma propre structure et élargir mon offre de services. C’est dans cette optique que je suis inscrite en master d’intelligence économique (IE), domaine pour lequel la demande est en constante progression. Or, aujourd’hui, le quasi-monopole des dossiers revient aux cabinets d’IE. Nous autres, enquêteurs, ne récupérons que les petits morceaux. Me spécialiser dans cette voie me permettra de remédier à cette tendance.

 

 

Propos recueillis par Alexis Dumas

@Dms_Alexis

 

Credit-photo: acticity.com