Rencontre avec Simon de Charentenay, fondateur de la plateforme en ligne Openflow

De la dynamite. Pour le fondateur d’Openflow, Simon de Charentenay, il est aujourd’hui impératif de mettre à disposition les compétences juridiques auxquelles le marché n’a pas accès. La marketplace de prestations juridiques d’occasion, disponible dès la rentrée prochaine, permet à ses utilisateurs de vendre et d’acheter des documents juridiques de qualité à moindre coût.

 

L’idée de la plateforme part d’un constat simple. Passionné par la philosophie du droit et la pensée humaine, Simon de Charentenay décide de se consacrer dans un premier temps à l’enseignement universitaire, pour se diriger vers une carrière d’avocat. Son constat est sans appel, le marché juridique répond, selon Simon de Charentenay, à une « économie de clocher ». Les avocats, surtout les jeunes, peinent à accéder aux clients, chasse gardée des « vieilles positions acquises », alors que les entreprises et les collectivités subissent des budgets compressés et aimeraient avoir plus de choix. Selon lui, cette économie est nécessairement vouée à voler en éclats avec la numérisation du droit.

 

Openflow permettra de revaloriser la création juridique et, partant, d’améliorer la qualité de la donnée juridique elle-même.

 

De son expérience d’avocat, Simon de Charentenay constate en outre que les prestations juridiques ne sont vendues qu’une seule fois alors qu’elles seraient souvent utiles à un grand nombre de clients qui se posent à peu près la même question. En outre, de nombreuses interrogations juridiques demeurent irrésolues par manque de moyens. Il lui est alors apparu que « les questions des uns sont les réponses des autres » et a décidé de créer une plateforme afin de les connecter entre elles.  

 

Pourquoi une consultation ne serait-elle pas partagée pour profiter à tous ceux qui se posent la même question ?

 

 

Openflow crée un espace de partage afin que chacun puisse vendre et acheter, en toute légalité, tous types de documents juridiques (consultations, actes, CGV, audits, conclusions/mémoires, contrats etc.). Les professionnels du droit peuvent ainsi revendre indéfiniment leurs prestations juridiques à moindre coût, et acheter celles des autres. Ce partage d’informations représente pour les avocats un gain de temps considérable et de ce fait une économie certaine pour le client. Si Simon de Charentenay admet que seulement 15 à 20% de la totalité des documents juridiques peuvent être « revendus » et partagés, du fait notamment de la confidentialité de certaines informations, il souligne qu’Openflow bénéficie aujourd’hui d’une base solide de plus de 1 800 documents (qui augmente tous les jours !). Les clients, tels que les collectivités, pourront également valoriser leurs archives immatérielles en les commercialisant.

 

Le juriste ne sera plus perçu au sein de l’entreprise comme un consommateur d’argent qui n’en rapporte pas

 

 

A la pointe de l’innovation, la start-up française couple l’intelligence artificielle avec la technologie Blockchain afin de développer des services sur les documents juridiques tels que l’anonymisation, la gestion des droits d’auteur, l’audit du document etc. La Blockchain permet en outre d’ouvrir la possibilité d’enrichir indéfiniment un document juridique dans le temps avec plusieurs auteurs, dont les droits et les profits sont honorés ; c’est le « droit vivant ».  L’idée de Simon de Charentenay est  de valoriser les actifs juridiques des acteurs économiques et de sécuriser les transactions en misant sur la technologie remarquable de la Blockchain. Et même jusqu’à devenir un droit alternatif aux Etats, les contentieux pourront être résolus plus facilement sur la Blockchain elle-même.

 

Propos recueillis par
Pierre Allemand @Pierre_Ald et Clémentine Anno @clementine_anno