Rencontre avec Didier Casas, Directeur général adjoint Bouygues Télécom

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Titulaire d’une Licence de droit et diplômé de l’Institut d’études politiques de Grenoble, Didier Casas sort de l’ENA en 1998, promotion Valmy. Après avoir passé 10 ans au Conseil d’État, Dider Casas devient secrétaire général et directeur juridique d’une banque, avant d’intégrer la société Bouygues Télécom.

Aujourd’hui Directeur général adjoint chez Bouygues Télécom, Didier Casas revient sur sa carrière professionnelle pour Carrières-juridiques.com. 

 

Pourriez-vous nous décrire votre carrière professionnelle ?

 

Après être sorti de l’Ecole Nationale d’Administration, j’ai été nommé auditeur au Conseil d’Etat où je suis resté 10 ans. J’y ai exercé les fonctions classiques qu’on exerce au Conseil d’État comme rapporteur au contentieux ou encore responsable du centre de documentation. Je tenais notamment la chronique de la jurisprudence de l’AFDA avec deux autre collègues, nous étions chargés de rédiger le recueil Lebon, recueil de décision du Conseil. Puis j’ai été nommé Rapporteur public. Après ces années au Conseil d’État, j’ai demandé une disponibilité et j’ai été nommé secrétaire général et directeur juridique de la banque Dexia Crédit Local où je suis resté 3 ans. Je suis ensuite entré comme secrétaire général chez Bouygues Télécom, où je suis actuellement depuis 6 ans. 

 

Quelles sont vos principales activités en tant que Directeur général adjoint et Secrétaire général Bouygues Télécom ?

 

Je suis chargé pour l’entreprise des relations institutionnelles et des relations avec le régulateur. Je passe beaucoup de temps avec le régulateur pour exposer nos positions, répondre à ses questions, échanger, défendre nos arguments, demander des autorisations lorsqu’il y a lieu, obtenir aussi des décisions de régulation. J’ai également une part importante de mon activité qui consiste à être le porte-parole de l’entreprise, et donc d’être chargé des relations avec les médias. Nous sommes une entreprise au service grand public (près de 14 millions de clients), nous sommes donc appelés à nous exprimer sur toute une série de sujets. J’ai également une grande partie de mon temps qui est occupé par des relations avec le Gouvernement et le Parlement. Puisque bien sûr il y a une grosse activité règlementaire et législative sur les télécoms que ce soit en droit de la consommation, en droit des télécoms, en droit fiscal et même en droit de l‘urbanisme. Au vu de ces nombreuses problématiques, mon rôle est aussi d’essayer, avec mes collaborateurs, de repérer les enjeux, déterminer nos positions, d’analyser les textes qui se préparent et de saisir le Gouvernement ou le Parlement afin d’expliquer nos arguments. Je suis entouré de plus de 300 collaborateurs qu’il s’agit d’animer et de rencontrer. Il y a donc également une part de management dans mon travail.

 

Quelles sont les principales problématiques que vous traitez ?

 

On a des problématiques de droit de la consommation : quand vous vendez un produit ou service grand public vous avez évidemment des questions de publicité, de transparence. On a des questions de droit règlementaire, de droit des Télécoms, droit de la régulation : par exemple, dans quelle mesure on peut faire le marché de gros des Télécoms, est-ce que le tarif du marché de gros doit correspondre à telle ou telle norme fixée par le régulateur ?  Cela est très divers, très complet.

 

Selon vous, comment être un « bon juriste » ?

 

Il faut être solide dans les connaissances, c’est un métier qui ne supporte pas l’approximation, il faut être précis. Dans les entreprises, nous avons besoin de juristes spécialisés c’est pour cela que la première qualité du juriste est la robustesse des connaissances et la précision. Puis, il faut être aussi déterminé. Le métier de juriste en entreprise, en interne comme en externe, consiste souvent à analyser une question, en déduire une position et la tenir. Quand on négocie en externe avec un fournisseur, un client, ou dans le cadre d’un contentieux, il faut être absolument capable de tenir sa position. Il faut être capable d’être ferme et sûr de ses positions, tout en restant en cohérence avec les intérêts de l’entreprise.

 

Est-il préférable d’être titulaire du CAPA pour être juriste en entreprise ?

 

C’est difficile à dire. Evidemment, avoir le CAPA peut être un plus mais pour moi, dans mon expérience, c’est un plus à la condition d’avoir exercé comme avocat. Être titulaire du CAPA mais n’avoir pas ou peu exercé ne présente pas d’intérêt particulier. Si le titulaire du CAPA a une expérience professionnelle intéressante pour l’entreprise, alors cela peut dénoter une capacité de la part du juriste en question à se mettre en position de négociation. Bien sûr cela n’existe que s’il y a eu une expérience suffisamment longue. Être avocat peut donc être un vrai plus, à la condition que le CAPA ne soit pas un CAPA « tout sec », il faut que ce diplôme ait pu être utile et qu’il ait mené à une expérience réelle en cabinet d’avocats.

 

Propos recueillis par Clémentine Anno
@clementine_anno