Nicolas Bustamante (Doctrine.fr) « Nous voulons créer le Google du droit »

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Le site Doctrine.fr, qui offre aux professionnels du droit un accès simplifié à la doctrine et à la jurisprudence a vu le jour fin février 2016.

 

(Photo : Antoine Dusséaux, Nicolas Bustamante, Raphaël Champeimont )

En janvier 2016, tout juste sortis de l’Université de Berkeley, Nicolas Bustamante (normalien), Antoine Dusséaux (polytechnicien), et Raphael Champeimont (docteur en bio-informatique) rentrent en France avec un objectif : battre Google sur le terrain de la recherche juridique.

 

Carrières-Juridiques.com. Que propose Doctrine.fr ?

 

Nicolas Bustamante. Nous sommes partis d’un constat : les moteurs de recherche donnant accès à la jurisprudence et ses commentaires ne sont pas suffisamment performants. C’est une perte de temps pour les professionnels du droit. Nous avons donc eu envie de créer un site référençant gratuitement toute la jurisprudence. Le concept est participatif, chaque professionnel peut apporter un commentaire à la décision publiée, sous contrôle de notre comité de lecture.

 

C-J.com. C’est un service qui existe pourtant déjà…

 

N. B. Les moteurs de recherche des sites existants ne sont pas suffisamment performants pour faire des recherches rapides et efficaces. Quant à Legifrance, toutes les décisions n’y sont pas publiées. Avec Doctrine.fr, nous allons plus loin. Des avocats nous aident en nous donnant accès à certaines décisions qu’ils gardent dans leurs archives et qui n’ont pas été publiées. Nous travaillons étroitement avec eux pour collecter toute la jurisprudence.

 

 

« L’équipe est en phase avec le projet : elle mélange le droit et les nouvelles technologies »

 

 

C-J.com. Parlez-nous de votre équipe. Combien de personnes travaillent avec vous ?

 

N. B. Nous sommes actuellement une dizaine à travailler sur le projet. Une juriste en thèse a récemment intégré l’équipe juridique et plusieurs scientifiques, en thèse également nous ont aussi rejoints. L’équipe est en phase avec le projet : elle mélange le droit et les nouvelles technologies. 

 

C-J.com. Le site a vu le jour il y a un mois, êtes-vous satisfait du lancement ?

 

N. B. En moins d’un mois, nous comptons déjà 60 000 recherches par jour. Nous sommes nous-mêmes surpris de ces chiffres. Je pense que c’est significatif de la frustration des professionnels du droit vis-à-vis de l’accès à la doctrine. Nous avons par ailleurs très vite reçu le soutien des documentalistes juridiques, ce qui nous a permis de toucher rapidement les grands cabinets.

 

 

« En moins d’un mois, nous comptons déjà 60 000 recherches par jour »

                     

 

 

C-J.com. Vous travaillez donc déjà avec des cabinets ?

 

N. B. Oui, ils sont plusieurs à utiliser notre plate-forme. C’est le cas de Freshfield, August & Debouzy, Fidal… Nous travaillons aussi régulièrement avec le cabinet 11.100.34. Les avocats sont pour l’instant les premiers utilisateurs de la plate-forme, mais ce ne sont pas les seuls, certains notaires ou juristes y naviguent aussi régulièrement.

 

C-J.com. Quels sont vos prochains challenges ?

 

N. B. Nous voulons créer le Google du droit. L’objectif c’est d’être intégré au quotidien de tous les professionnels du secteur. La recherche juridique doit être plus simple, plus rapide et plus performante que sur Google. Sur Doctrine.fr, elle se fait entre 0,1 et 0,2 secondes, là où elle peut prendre 16 secondes sur d’autres moteurs de recherche. L’idée c’est aussi de répondre à une demande, nous sommes donc au plus proche des réactions de nos utilisateurs, qui ont déjà été 350 à nous écrire. 

 

 

Propos recueillis par Capucine Coquand

@CapucineCoquand