Mon service civique au Cambodge : retour sur une expérience atypique !

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Mon service civique au Cambodge : retour sur une expérience atypique !

Emma nous livre le récit dde son expérience au sein du service juridique d'une ONG au pays des tigres disparus

Emma revient tout juste de son service civique au sein d’une ONG franco-cambodgienne basée à Phnom Pen. Partie pour une durée de 9 mois, elle a initié et suivi des projets juridiques de tous types, avec pour objectif principal la promotion de l’accès au droit et à la justice au sein du pays. Ayant réalisé un Master 2 spécialisé dans les droits de l’homme en parcours recherche, elle cherche à se professionnaliser grâce à cette expérience internationale. Avec cette mission, elle a l’opportunité de travailler dans un cadre en accord avec ses valeurs humanistes.

 

Carrières-Juridiques.com. Quel a été l’objet de votre mission en ONG ?

 

Emma : J’occupais un poste de coordinatrice de programme. J’avais donc plusieurs projets sous ma responsabilité ayant pour but de promouvoir de l’accès au droit et à la justice au Cambodge. J’ai notamment développé une base de données juridiques en ligne,  commenté la Constitution cambodgienne afin de la démocratiser et de contribuer à l'expansion de la communauté juridique dans la mouvance de l’open data. L’ONG mettait également à disposition des usagers des outils de compréhension du droit comme des guides et des documentaires. L’ensemble de l’équipe était mobilisé pour la réalisation de ces derniers. 

Mes journées étaient chargées et variées. Il m’était demandé de faire de la recherche, de conclure des partenariats, d’établir un réseau de contributeurs du site.

 

J’ai aussi eu l’opportunité de découvrir l’univers de la communication et de l’événementiel dans le cadre du café-bibliothèque géré par l’ONG. Nous avons par exemple organisé plusieurs cafés débats sur des questions sociétales, le but étant d’offrir un lieu d’échange sécurisé aux jeunes cambodgiens.

 

C-J.com. Avez–vous une mission qui vous a marquée ?

 

E. Je retiendrais particulièrement l’organisation de l’Open Data Day, en mars dernier. C’est un projet que j’ai porté de sa définition à sa réalisation, qui m’a permis de collaborer avec de nombreux acteurs de la société civile cambodgienne. J’ai développé des compétences en matière de gestion et de communication qui étaient absolument nouvelles pour moi. C’est pour cet apprentissage de terrain que j’étais partie et sur ce point mes attentes ont été comblées.

 

C-J.com : Votre arrivée et votre intégration s’est-elle bien passée ?

 

E. L’intégration au sein de la société cambodgienne a été facile dans la mesure où les khmers sont très accueillants et ouverts sur les autres. La barrière de la langue n’était pas un problème, dans la mesure oùbeaucoup de personnes parlent anglais. J’ai réellement apprécié travailler dans un environnement interculturel. C’était stimulant d’avoir des collègues  dont la construction des idées était différente de ce dont j’avais l’habitude.

 

C-J.com. A propos de votre équipe, pouvez-vous nous en dire plus ?

 

E. Mon équipe était très éclectique : la moitié de mes collègues était cambodgienne et l’autre composée de volontaires et stagiaires issus de nationalités diverses. Nous avions pratiquement tous le même âge et nous étions issus des mêmes études, ce qui a favorisé une dynamique de groupe efficace. Les membres de cette équipe sont désormais des amis.

 

C-J.com. Quels ont été les aspects négatifs de votre mission ?

 

E. Le service civique est présenté aux volontaires comme étant hautement encadré par un tuteur au sein de la structure d’accueil. Dans mon cas l’accompagnement n’a pas été optimal, dans la mesure où j’ai très peu bénéficié du mentorat promis lors de la signature de mon contrat. Malgré tout, cela m’a permis de devenir plus autonome et d’acquérir un esprit d’initiative.

 

C-J.com. Quels sont les conseils que vous donneriez ?

 

E. De façon générale, et même si c’est difficile, je dirais que l’essentiel est de partir sans n’avoir aucune attente particulière. De ne pas essayer de se projeter dans ses missions, afin de pouvoir accueillir toutes les étapes de celles-ci avec surprise et un œil neuf et enthousiaste. Cela dit, se renseigner sur la culture préalablement au départ est un atout en termes d’intégration pour comprendre l’autre et de s’adapter à lui plus rapidement à l’arrivée. 

 

Propos recueillis par Valérie CROMER
@Valerie_Cromer