Lexbase, le droit autrement

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Difficile de faire rentrer Lexbase dans une case. Et pour preuve, il s’agit à la fois d’un éditeur juridique et d’une legaltech qui fait sa place sur le marché français et francophone depuis maintenant 20 ans. Avec 35 salariés et 12% de croissance par an, la plateforme offre à ses utilisateurs une expertise solide couvrant 40 spécialités, grâce à une base de données dépassant les 10 millions de documents, dont 4 millions de jurisprudences françaises.

Lexbase se décrit comme le disrupteur des éditeurs juridiques, « la plateforme marie l’expertise éditoriale à la technologie » selon son directeur général, Fabien Girard de Barros.

 

Un acteur innovant

 « Notre solution a vocation à apporter des services informationnels sur le web avec de nouveaux formats » explique Fabien Girard de Barros. C’est dans ce sens que Lexbase s’est lancée dans la création d’infographies juridiques et a créé Lexradio, une radio juridique qui diffuse en continu et en direct des colloques, actualités, interviews. « Notre radio répond à un besoin constant de mobilité des juristes. Avec plus de 30 000 téléchargements par mois, cela répond à un vrai besoin d’écouter le droit différemment ».

 

Une utilisation poussée de la data

Lancée en 2018, Legalmetrics est une solution basée sur un travail d’extraction de métadonnées à l’aide de mots clés qui mêlent des éléments de fait et de droit. Par exemple, pour une extraction de visa, il s’agit non pas d’extraire tous les visas de la décision, mais seulement celui qui en a été le fondement. Ainsi, dans un contentieux type où il apparaît que l’indemnisation moyenne des victimes est d’un certain monant en application du visa en question, l’avocat pourra même mesurer son efficacité et se positionner par rapport aux autres stratégies.

 

L’exploitation des données de Lexbase va encore plus loin, jusqu’à créer un référencement des contentieux des entreprises. Ainsi, à partir d’une extraction des dénominations sociales dans chacune des décisions, les utilisateurs pourront consulter les contentieux auxquels telle entreprise a dû faire face ou est confrontée. Cela représente un tiers des décisions de Lexbase, soit plus d’un million de contentieux référencés.

 

Une solution sur-mesure

Après un premier test gratuit, l’utilisateur Lexbase bénéficie d’un abonnement (à partir de 1 euro par jour) adapté à ses besoins. « Tous les avocats n’ayant pas les mêmes besoins, nous proposons une formule en rapport avec les moyens de l’utilisateur », explique le directeur général. « Un petit cabinet n’aura pas besoin d’un accès à l’ensemble de notre base, contrairement à un cabinet full service ». Selon l’ancien juriste, les avocats n’ont pas besoin d’un accès illimité aux données, ils ont besoin d’un accès à des solutions de droit pertinentes.

 

Des liens étroits avec les juridictions et les ordres

C’est la force de frappe de Lexbase. Depuis 20 ans, des liens étroits ont pu être noués avec les greffes de nombreuses juridictions sur tout le territoire, en particulier en premier ressort. « Il y a seize ans, nous avons saisi la valeur intrinsèque de la jurisprudence, ce qui représente en soi une information avec des données importantes pour les juristes ». Les deux parties en sont sorties gagnantes. Pour les juridictions, Lexbase a restitué gratuitement les données dans une contextualisation éditoriale et doctrinale. Pour Lexbase l’intérêt était immense puisqu’il s’agissait d’alimenter ses bases de données.

 

« Nous n’allons pas vers une sélection mais une exhaustivité du flux de contentieux » explique le Directeur. Afin de permettre à l’avocat de remonter le fil d’un contentieux, les partenariats avec les greffes sont donc primordiaux.

 

 « Nous sommes les partenaires naturels des ordres, 80% des avocats exerçant en dehors de l’Ile-de-France sont couverts par Lexbase » affirme Fabien Girard de Barros. Avec une telle couverture, Lexbase est donc bien implantée sur le marché juridique français et prévoit même un déploiement, à compter de l’automne 2018, sur le continent africain avec Lexbase Afrique.

 

Pierre Allemand