Les valeurs du serment sont-elles solubles dans la politique ?

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Les valeurs du serment sont-elles solubles dans la politique ?

A moins d’un mois des élections du futur bâtonnier de Paris et de son vice-bâtonnier, les candidats Olivier Cousi et Nathalie Roret ont organisé un débat relatif à la place de l’avocat en politique. A cette occasion, plusieurs personnalités investies à la fois dans le monde politique et dans le monde du droit ont exprimé leur point de vue : Jean-François Copé, Éric Dupond-Moretti, Jean-Yves Le Borgne, Tony Dreyfus, Claude Goasguen et Raquel Garrido.

Les valeurs du serment - dignité, conscience, indépendance, probité et humanité - sont-elles  compatibles en politique ? Au sein de l’Ordre, il est de tradition que la confraternité prime sur les opinions philosophiques ou politiques.

 

Il n’en demeure pas moins que nombreux sont les avocats représentés dans les institutions de la République. Notamment, l’Assemblée nationale compte 33 avocats, Jean-François Copé soulignant à cet égard que « les fonctionnaires ont envahi les bancs de l'Assemblée nationale, non les énarques ».

 

Éric Dupond-Moretti : « tout avocat a nécessairement une vocation politique ».

 

Pour Jean-Yves Le Borgne, s’il y a une forme de sublimation de la fonction juridique en politique, il n’y a cependant aucune incompatibilité entre les deux fonctions. Les candidats Olivier Cousi et Nathalie Roret estiment à ce titre que les avocats doivent être force de proposition sur les réformes de la justice, en s'assurant toutefois que l’Ordre conserve la maîtrise du tableau.

 

Tony Dreyfus : « J’ai toujours été impliqué dans le monde judiciaire, et j’ai toujours été impliqué dans le monde politique ».

 

Le débat a été également l'occasion de soulever la question de l'instrumentalisation, par certains politiques, de la procédure pénale à des fins électoralistes. A ce propos, Jean-Yves Le Borgne souligne que « le Parquet porte la voix de l’État dans les prétoires. Les passions doivent s’exprimer, mais pas de la part du juge ». Raquel Garrido estime quant à elle que « ce n’est pas à la justice d’assouplir sa procédure ».

 

Éric Dupond-Moretti : « la Cour de cassation a tué notre secret professionnel ».

 

Depuis l’adoption de la loi du 24 juillet 2015 relative au renseignement, Claude Goasguen estime que l’État envahit dangereusement le domaine du droit. « Il faut que la Justice reste à l’écart, que l’on conserve l’équilibre des pouvoirs ». Les avocats doivent envahir les bancs de l’Assemblée nationale.

 

Pour en savoir + sur le programme des candidats, lire notre article "Il faut faire sortir l'avocat de sa bibliothèque, rencontre avec Olivier Cousi et Nathalie Roret, candidats au bâtonnat de Paris".

 

Pierre Allemand
@Pierre_Ald