Frédéric Debove : « D'anciens membres du Raid et du GIGN suivent le DU d'enquêteur privé »

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Directeur de l’Institut de droit et d’économie de l’Université Panthéon-Assas (Paris II) et maitre de conférences, Frédéric Debove pilote aussi depuis 2007 le diplôme universitaire d’enquêteur privé. Ce fils de commissaire de police nous présente cette formation et dresse le portrait d’une profession souvent marquée de clichés.

Carrières-Juridiques.com. Quelles sont les conditions préalables pour accéder à la formation d’enquêteur privé ?

 

Frédéric Debove. Le diplôme universitaire que je dirige est ouvert aux candidats de niveau bac ou qui justifient d’acquis professionnels. Il s’agit d’un diplôme préparatoire à la licence professionnelle « sécurité des biens et des personnes » qui, elle, permet d’exercer la profession d’enquêteur à titre libéral et salarié. Il permet aussi aux personnes exonérées de formation de bénéficier d’un enseignement technique, juridique et pratique leur permettant de se familiariser aux techniques de l’enquête civile et commerciale.

 

C-J.com. Quel est le profil type de l’étudiant-enquêteur ?

 

F. D. La licence professionnelle compte en réalité deux types de profil. Nous accueillons d’abord des professionnels, essentiellement des fonctionnaires de police et des militaires de la gendarmerie. D’anciens membres du RAID et du GIGN figurent aussi parmi nos pensionnaires. Ces professionnels représentent environ 50% de nos effectifs, soit environ quinze inscrits. L’autre moitié se compose d’étudiants plus classiques qui souvent ont échoué au concours d’officier de police ou de gendarmerie et qui souhaitent garder un pied dans le monde de l’investigation.

 

C-J.com . À quoi ressemble concrètement le quotidien d’un enquêteur ?

 

F. D. Aujourd’hui, la mission principale de l’enquêteur est de réaliser des investigations pour des personnes physiques et/ou des entreprises. Et principalement dans le domaine civil et commercial, la matière pénale relevant du quasi-monopole des services de police et de gendarmerie. Si les enquêteurs interviennent dans ce domaine, c’est souvent en amont de l’enquête, pour dénoncer des faits délictueux et permettre l’ouverture de poursuites. Les enquêteurs peuvent encore agir sur le terrain de la contre-enquête, lorsque l’individu, déjà condamné, clame son innocence. C’est alors qu’ils entrent en jeu pour explorer des pistes que la police ou la gendarmerie auraient ignorées. Le cœur du métier reste évidemment tourné vers le contentieux civil et les affaires d’adultère, bien qu’aujourd’hui je relève un net regain d’intérêt des enquêteurs pour l’analyse patrimoniale et financière et pour les affaires de concurrence déloyale.

 

C-J.com. Pourquoi choisir votre formation plutôt qu’une autre ?

 

F. D. La formation que nous proposons Paris II est très sérieuse. Nous venons d’ailleurs de faire l’objet d’une double inspection, d’où il ressort que parmi toutes celles qui existent sur le marché, celle de Paris II, au regard de sa notoriété et de l’expertise de ses enseignements, est la plus qualitative.

 

Propos recueillis par Alexis Dumas.

@Dms_Alexis

 

Crédit photo : La République de Seine-et-Marne