« Le 6 mai je sifflerai la fin de la récréation » : le Club des Juristes rencontre Nicolas Sarkozy

Lieu indépendant de débats et de propositions juridiques, le Club des Juristes réunit autour du droit des professionnels d’horizons divers pour mener ensemble une réflexion prospective autour des problèmes juridiques les plus notables.

 

Crée en 2007, ce « Think tank » a pour objectif d’encourager le débat juridique entre les acteurs du droit, les entreprises et le politique afin d’aboutir à des propositions innovantes et concrètes.

A l’occasion des élections présidentielles 2017, le Club des Juristes a rencontré différents candidats pour débattre autour d’un sujet commun : « Réformer l’État et la Justice ».

 

Après avoir rencontré Alain Juppé le 11 octobre dernier, le Club des Juristes recevait Nicolas Sarkozy ce mardi 16 novembre. Géraldine Muhlmann, chargée d’animer le débat, a souhaité discuter avec Monsieur Sarkozy de l’élection du futur président américain, Donald Trump. L’ancien Président reste évasif sur le sujet et conclut simplement que « Les États-Unis c’est les États-Unis, la France c’est la France ». Cependant, il avoue qu’il faudra à la France un chef d’État robuste et capable de faire face à deux personnalités impressionnantes de la scène internationale que sont Donald Trump et Vladimir Poutine.

 

« l’État de droit est par nature évolutif […] par rapport à la société, à la menace »

 

Le débat s’est ensuite tourné sur un thème incontournable : l’état d’urgence dans un État de droit. L’ancien Président de la République déclare alors que « l’État de droit est par nature évolutif […] par rapport à la société, à la menace » et ajoute que « l’état d’urgence est une parenthèse dans l’État de droit ».

 

Concernant la mise en place des fichiers S, l’ancien chef de l’État considère que ceux-ci ne sont pas utilisés à bon escient : « Pourquoi faire des fichiers S si on ne s’en sert pas ? ». Pour Nicolas Sarkozy l’action du Gouvernement ne suffit pas à assurer la sécurité des personnes et des biens. Il considère aujourd’hui que la question n’est pas « y aura-t-il un autre attentat ? » Mais, « quand et où ? ».

 

Alors que Géraldine Muhlmann laisse la place aux questions-réponses avec le public, Nicolas Sarkozy est interrogé sur la laïcité. Pour lui « c’est la reconnaissance d’un droit et pas l’expression d’une interdiction ». Il continue en déclarant que la France n’est pas une page blanche et qu’elle a une histoire, une histoire catholique. Il est alors impensable pour lui de comparer la tenue d’une nonne au voile d’une femme musulmane. Pour Monsieur Sarkozy, le voile est une idée moyenâgeuse imposée par l’homme, qui fait de la femme un élément diabolique. Il termine son propos en indiquant qu’il veut « mettre un terme à la tyrannie des communautés ».

 

Clémentine Anno
@clementine_anno